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De la condition écrivaine, de sa puissance, de ses écueils
Paul  Auster   La Nuit de l'oracle
Actes Sud - Lettres anglo-américaines 2004 /  3.05 € -  20 ffr. / 238 pages
ISBN : 2-7427-4795-8
FORMAT : 12x22 cm
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Paul Auster livre avec La Nuit de l’oracle l’un de ces romans symptomatiques d’un questionnement apparemment très contemporain et très partagé chez les écrivains, celui de l’écriture, de sa difficulté comme de sa magie. On ne compte plus les auteurs, français, ibériques, anglo-saxons, qui mettent en scène, comme personnages centraux de leurs œuvres, le roman et son auteur, ce soi à peine déguisé, ou se lancent dans des romans/essais sur l’écriture….
Au commencement était le verbe… mais n’oublions pas le néant qui l’annonce, ce gouffre vertigineux qui retient les plumes, déroute les âmes pourtant volontaires, signe d’une quête. Si l’écriture est création, il manque aux écrivains une essence divine rendant l’entreprise moins humaine, plus pure et, parce que céleste, facile.

Ce questionnement traduit-il une crise contemporaine de l’écrit ? A ne plus savoir quoi raconter, les auteurs se rabattraient sur le nombril de leur propre création, masquant la panne par une description méthodique du moteur ? Ou, au contraire, s’agit-il d’un renouveau des lettres, par lequel, l’œuvre et son créateur, indissociés jusque dans la narration, formeraient un héros d’un type nouveau ?... Doit-on y voir enfin l’un des signes de l’avènement annoncé et décrié depuis les comptoirs et dans les éditoriaux, d’un nouvel individualisme, encore grossier, difficile à saisir parce que, comme tout individualisme, tendant à la fois au particulier et à l’universel ?... Le roman, on ne sait trop pourquoi, dit de plus en plus «je»…

Qu’importe, pourvu qu’on ait l’ivresse ! Et en l’occurrence, Paul Auster nous enivre. La nuit de l’oracle, c’est un roman du genre de ceux qu’on dévore tout en redoutant la dernière bouchée, de ceux qui font rater les stations de métro et les arrêts de bus, et quelques heures de sommeil !

Ici, le narrateur est un romancier new-yorkais (!), Sidney Orr, qui, sortant d’une maladie combattue avec sa femme Grace, se remet à l’écriture, d’abord avec peine, puis avec addiction. La plume se met à glisser facilement à partir du moment ou notre valétudinaire tombe sur une droguerie tenue par un asiatique folklorique et y trouve un carnet bleu, d’origine portugaise. «Je mis une cartouche neuve dans mon stylo, ouvris le carnet à la première page et contemplai la première ligne. Je n’avais aucune idée de la façon de commencer. Le but de l’exercice était moins d’écrire quelque chose de particulier que de me prouver à moi-même que j’avais encore la capacité d’écrire.» (p.21)

Sur ce support, il entame son nouveau roman, l’histoire de Nick Bowen, un éditeur quittant femme et emploi sur un coup de tête… Mises en abîme en cascade, allers et retours d’une fiction inventée par l’auteur dans le roman, à cette fiction inventée par Paul Auster pour ce roman-ci, sans oublier La Nuit de l’Oracle, récit inédit tombée dans les mains de l’éditeur fantasmé, œuvre oubliée d’un grand auteur du début du XXe siècle. Vertigineux donc, et l’occasion aussi d’une esquisse de la condition écrivaine : le mal d’écrire certes, auquel succèdent d’impressionnantes fièvres littéraires dignes de métempsychoses, mais aussi les sociabilités littéraires (le monde de l’édition, la relation avec un mentor, image tutélaire d’un écrivain vieilli, ici dénommé Trause), les difficultés financières malgré les best-sellers, fuites d’argent colmatées par le recours facile à l’écriture de scénarios… Des notes de bas de pages fournies vont même jusqu’à expliquer au lecteur les tenants de l’œuvre née de l’écriture. Tout y passe et c’est un plaisir !

D’autant qu’une intrigue plus proprement romanesque lie cet ensemble. Un secret sépare Sid et Grace, impliquant le passé de celle-ci et Trause, justement. Il y est toujours question de création…


Bruno Portesi
( Mis en ligne le 11/06/2004 )
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