L'actualité du livre
Histoire & Sciences socialeset Géopolitique  

Le Coût humain de la mondialisation
de Zygmunt Bauman
Hachette - Pluriel 2009 /  6,90 €- 45.2  ffr.
ISBN : 978-2-01-279493-1
FORMAT : 11,0cm x 18,0cm

Première publication en mars 1999 (Hachette).

La mondialisation et ses conséquences

La mondialisation, chacun d'entre nous connaît ce terme qui fait partie désormais de notre langage quotidien. Le succès de cette formule, voire sa banalisation, a fait oublier sa signification profonde. Définir ce phénomène et cerner les conséquences sociales de son processus sont les deux objectifs de cet ouvrage.

La mondialisation se caractérise avant tout par la compression de l'espace et du temps, qui abolit la notion de distance. L'amélioration des technologies de l'information et des moyens de transport donne à une petite fraction de la population la possibilité d'agir à distance sur le territoire local. Cette élite extraterritoriale, mais aussi mondiale, constitue le sommet d'une hiérarchie à la base de laquelle se trouve les populations rattachées à la localité. A la mobilité des capitaux et des entreprises s'oppose alors la fixité des moyens de production. Ce processus conjoint de globalisation du capital et de localisation du travail forme l'essence du phénomène appelé mondialisation.

La mobilité devient le facteur clé d'une nouvelle stratification sociale, dans laquelle exister localement dans un univers mondialisé est signe de dégradation et de dépossession. La fragmentation de l'espace urbain, la disparition des espaces publics, les informations diffusées par les médias participent au maintien des locaux dans leur statut. A cela s'ajoute l'absence de résistance, surtout de la part des États, qui permettrait de limiter et de règlementer cette mobilité.

La dissociation entre le monde des entreprises et la sphère politique et son pouvoir de régulation est la première conséquence de la mondialisation. Les gouvernements sont incapables d'agir sur la sphère économique qui échappe à leur contrôle. Une nouvelle redistribution des richesses se met progressivement en place, contribuant à augmenter les inégalités entre les "locaux" et les "mondialisés". En outre, dans la société de consommation actuelle, l'accès à une mobilité choisie contribue à différencier les individus. Les "touristes" contrôlent leurs mouvements, ils quittent un endroit pour un autre meilleur et peuvent assouvir leurs besoins. Les "vagabonds" aux ressources limitées subissent la mobilité ou restent cloués à la localité.

Enfin, la montée de l'incertitude sur un marché du travail de plus en plus soumis à des exigences de flexibilité, et donc de précarité, augmente le sentiment d'insécurité des individus. Ce besoin de sécurité nourrit alors le renforcement du maintien de l'ordre sur lequel les gouvernements peuvent plus facilement agir.

La lecture de l'ouvrage dégage un profond sentiment d'impuissance face à la montée de la mondialisation. On peut regretter que les analyses critiques ne s'accompagnent pas d'une amorce de réflexions ou de propositions capables de contrebalancer voire d'équilibrer le rapport des forces en présence. Un panorama circonstancié et souvent pertinent qui nous laisse, cependant, un peu sur notre faim.

Nicolas Glorieux
( Mis en ligne le 27/01/2009 )
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