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La démocratie mise à nue
Lucian Boia   Le Mythe de la démocratie
Les Belles Lettres 2002 /  15 € - 98.25 ffr. / 168 pages
ISBN : 2251442049
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Et si la démocratie était plus un mythe qu’une réalité ? Et si les mots importaient plus que le concret ? Bref, et si la démocratie était un théâtre, avant d’être effective ? En s’attaquant à l’usage des mots de la "chose démocratique" (représentativité, progrès, démocratie, nation, suffrage universel, souveraineté, droite et gauche, extrême droite, extrême gauche), Lucian Boia montre la pluralité des sens qu’on leur prête et, en définitive, leur important degré d’abstraction. Il invite alors à considérer qu'en dépit de nos prétentions raisonnantes, la clef de la politique en démocratie est le mythe – défini comme un "récit fabuleux" ou une "non-vérité", ou encore "une manière concentrée et symbolique, une croyance et objectif à atteindre [qui] met les sociétés en marche".

Armé de cette hypothèse, l'auteur décrit brillamment la deux fois centenaire mise en scène du mythe politico-religieux démocratique - et ses impasses. Il montre notamment l’équivoque de la démocratie, non seulement parce qu’elle renvoie à des modèles différents, voire contradictoires, comme ceux des Athéniens de l'âge de Périclès, des Français des Lumières ou encore des Américains de Boston au XVIIIe siècle. Mais aussi parce que les valeurs fondamentales de la démocratie, la souveraineté du peuple, la liberté et l’égalité, peuvent s’opposer. Au terme de cette histoire démystifiante de l’inaboutie conquête démocratique, Lucian Boia constate par ailleurs un profond "désenchantement" à son égard. Car à l'ère du triomphe des minorités – acmé de la reconnaissance de l’individu sur la collectivité, du privé sur le public-, et au terme d'un siècle où s’est réalisée la démocratie de masse (au moins en Occident), il manque de nouveaux mythes, de nouveaux objectifs réalisables. Dès lors, on regrette que l'auteur s’arrête à ce constat et aucune ouverture. Son livre, manuel de réflexion politique singulièrement libre, manque ainsi d'un peu d’ampleur, de souffle.

Mais on gardera à l'esprit le fil "rouge" de l’analyse qui trouve un écho dans cette réflexion tirée du Georges Bernanos, encore une fois de Sébastien Lapaque : "qu’on ne prétende pas que l’homme moderne n’est plus un homme de foi." Le mythe est une substance vitale pour le démocrate et ce malgré les désacralisations et autres "désenchantements du monde". Plus que jamais s’exprime aujourd'hui le besoin de religiosité (de ce qui fait le lien entre les hommes) au moment historique où "la religion s’est sécularisée", c’est-à-dire incarnée dans le fait politique. Il suffit pour s’en convaincre de jeter un regard aux journaux et manifestations de rue de ce joli mois mai 2002, pour voir que les messages scandés relèvent parfois plus de l’incantation religieuse que de l’acte politique mature…


Vianney Delourme
( Mis en ligne le 14/05/2002 )
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