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Lutter seul
Frédérique Clémençon   Traques
L'Olivier 2009 /  16 € - 104.8 ffr. / 159 pages
ISBN : 978-2-87929-649-4
FORMAT : 14cm x 20,5cm
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Traques est un court roman inclassable. Glaçant mais pas noir, il dépeint les personnages avec une finesse et une richesse d’un franc réalisme mais ce n’est pas un roman psychologique ou social ; il s’inscrit hors du temps et dans un espace indéterminé mais ce n’est pas une histoire fantastique ; il est intimiste mais sans velléité autobiographique. La perte de repères est d’autant plus forte que l’auteur alterne de façon aléatoire les trajectoires de quatre personnages - Jeanne, Elisabeth Collignon, Vincent Collignon et Anatole.

L’exercice de style de Frédérique Clémençon nourrit en profondeur la vie oppressante de ces quatre protagonistes. La solitude les unit face à un environnement qui leur est hostile. Elisabeth est la mère de Vincent. Il la visite régulièrement dans son nouveau et dernier lieu de vie : la maison de retraite. Elle n’éprouve aucune joie quand elle entend ses pas grincer sur le lino. D’autant que son odeur de tabac froid l’insupporte. Elle a toujours préféré le frère de Vincent. Malheureusement, elle ne le voit plus ; ils se sont disputés pour une histoire d’argent. Depuis, elle est tiraillée entre la haine et la mélancolie. Les visites de Vincent sont aussi mécaniques que l’ensemble des actes de sa vie. Il est éteint, morne et sans envie.

Jeanne et Anatole se rencontrent sur un banc et partagent les errances qui ont jalonné leurs existences. Ils n’ont pas d’âge et s’adressent l’un à l’autre sans jamais se répondre vraiment. Leurs souvenirs coulent en phrases longues, libératrices, logorrhées que la mer qui leur fait face semble absorber, phagocytant ces moments de vie douloureux, faits de ruptures et de fuites. Alors que Jeanne a quitté le nid familial sordide pour sauvegarder avant qu’il ne soit trop tard, comme le lui avait conseillé son vieux grand-père, son individualité, Anatole est un réfugié sans cesse obligé de s’exiler. Ils sont, à présent, seuls et sans attache, accrochés aux images floues des êtres qu’ils ont aimés.

Frédérique Clémençon expose dans Traques le difficile combat d’individus luttant pour exister pour eux-mêmes alors que tout autour d’eux semble les contraindre, les modeler par des règles qui ne leur correspondent pas. Les personnages sont pris au piège de systèmes autoritaires et absurdes ; leur ultime salut se situe dans l’éloignement et l’isolement, pour, enfin, protéger leur fragile et précieuse intégrité.


Frédéric Bargeon
( Mis en ligne le 21/01/2009 )
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