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Journal intime d'un président
David Angevin   Dans la peau de Nicolas
Serpent à plumes 2009 /  16 € - 104.8 ffr. / 190 pages
ISBN : 978-2-268-06736-0
FORMAT : 13cm x 20,5cm
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Nicolas, c'est Nicolas Sarkozy, bien entendu. Qui d'autre ? Au moment où paraît la Deuxième chronique du règne de Nicolas Ier de Patrick Rambaud, David Angevin prend le contre-pied de ce qu'il considère comme une avalanche de livres et d'articles haineux à l'égard du Président de la République. Pour en finir avec ce qu'il nomme un «antisarkozysme pavlovien», il entend cette fois-ci donner la parole à l'intéressé, pour lui permettre de se dire tel qu'en lui-même. Voici donc le faux journal intime du président, qui donne sa propre (ou presque) version des faits, de son point de vue, depuis son élection en mai 2007 jusqu'à aujourd'hui. Voici le premier livre sincère sur Nicolas Sarkozy, qui dit toute la vérité et rien que la vérité, puisqu'il est écrit par lui-même : «J'écris ce livre pour tout dire, en toute franchise, et sans langue de bois. Il n'y a plus de off qui vaille» (p.156).

Le récit intime fait alterner les épisodes du mandat présidentiel qui ont fait la une des journaux (voyages officiels, visite rendue aux marins-pécheurs, divorce, remariage), avec les souvenirs d'enfance, en mêlant traits de biographie réelle et faits ou dialogues fictifs. Nous accédons enfin aux pensées secrètes de l'homme le plus médiatisé de France, à ses émotions, ses goûts, ses déceptions. Voici comment et pourquoi Nicolas Sarkozy est devenu le Président des Français, voici ce qu'il a pensé en occupant pour la première fois la chambre à coucher privée du Falcon présidentiel.

Après Boborama (2006), qui s'en prenait à Télérama et à la catégorie socio-culturelle de ses lecteurs, David Angevin jette un nouveau pavé dans la mare par ce livre qui se revendique «sarkozyste», non pas parce que son auteur se définit comme un thuriféraire aux éloges dithyrambiques, mais plutôt parce qu'il se défend de reprendre les critiques toutes faites qui circulent sur le président, en s'engouffrant dans le vent contraire. Pourquoi pas, si le livre est habile et défend son parti pris jusqu'au bout. Mais...

Tout d'abord, ce qui est au départ un faux journal plutôt amusant lasse très vite par ses répétitions. David Angevin, par le biais de son illustre scripteur, revient plusieurs fois sur les mêmes éléments : le paradoxe des journaux et magazines qui fustigent le président alors que tout le monde sait que sa bobine affichée en une des imprimés fait vendre ; les lèche-bottes incapables qui l'entourent et voudraient le transformer en Louis XIV, tout en ralentissant son action novatrice, alors qu'il est un homme moderne ; la beauté de sa femme, que tout le monde lui envie, etc.

Donner la parole à Nicolas Sarkozy pour exposer son propre point de vue sur la fonction présidentielle peut apparaître comme un procédé intéressant et prometteur. Mais on tombe trop vite dans des réflexions psychologisantes convenues (le père absent, la mère castratrice, les méchants gauchistes qui ont traumatisé le petit gaulliste, etc.). Les arguments avancés par Nicolas Sarkozy pour défendre sa conception du pouvoir ressemblent bizarrement aux phrases toutes faites, sans cesse répétées par les porte-parole du gouvernement : s'il est impopulaire, c'est parce que la France ne comprend pas ses réformes et se complaît dans un immobilisme suicidaire. «Ma mission est vouée à l'échec car les Français sont peu enclins au changement» (p.66).

David Angevin ne fait somme toute qu'aggraver les symptômes conduisant à ce dangereux «antisarkosysme pavlovien» qu'il dénonce. On apprend ainsi combien de sacrifices a fait pour nous notre président : il pourrait gagner bien plus dans le privé, alors qu'il se contente ici d'un salaire d'à peine plus de 19 000 euros par mois (le pauvre homme) ; il est entouré d'une bande de «connards» qui l'insupportent (le pauvre homme) ; il doit sans cesse affronter des pauvres en colère et des syndicalistes remontés (le pauvre homme) ; sa femme l'épuise par sa libido insatiable (le pauvre homme) ; Bill Clinton le nargue depuis son «Air Fuck One» en parcourant la planète avec force jolies femmes et conférences bidon surpayées (ad libitum)...

Dans la peau de Nicolas a au moins le mérite de confirmer un fait : la société française d'aujourd'hui est bel et bien coupée en deux, partagée autour d'un autel, celui du dieu Pognon. Il est au moins un point sur lequel on espère que cette autobiographie fictive dit vrai : l'annonce selon laquelle Nicolas Sarkozy ne se représenterait pas en 2012. «Je vais leur manquer, à ces cons» (p.190). Pardon, à qui ?


Françoise Poulet
( Mis en ligne le 30/01/2009 )
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