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Aride et désaltérant
Estelle Nollet   On ne boit pas les rats-kangourous
Albin Michel 2009 /  19,50 € - 127.73 ffr. / 327 pages
ISBN : 978-2-226-19397-1
FORMAT : 14cm x 20,5cm
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Allégorie du vide, conte pour desperados, ce premier roman d’Estelle Nollet dérange et arrange, remet de l’ordre dans un «monde... au carrefour de rien»...
 
Mythe non d’une caverne mais d’un «trou du cul» : l’auteur nous ballade et nous emballe dans un univers trouble et attachant de pommés contrits, contraints de vivre dans une contrée désertique et stérile, sans issue, cul de sac sur décharge à ordure, juste dotée d’un bar poisseux - «ce n’est même plus le café qui laisse des ronds noirâtres sur la table mais la crasse» -, dans lequel coule le mauvais alcool, et d’une épicerie cour des miracles, fourre tout de tous les besoins ; «on n’a jamais vu un coin d’étagère vide chez monsieur Den».

Point d’école, de bureau de poste ou même de voitures mises à part les créations de Ian, «hybrides de bagnoles, mélangeant les modèles et soudant les carlingues, le tout sans moteur ni rien sous le capot». Le dernier salon où l’on cause au carrefour de rien, c’est le bar de Dan où «tout pue. Les rires sentent le vieux houblon chaud, les chiottes ne sentent même plus l’humain… ça sent le malheur». Mais quand le soleil tombe, le bar de Dan est «illuminé comme un petit Las Vegas perdu», alors il faut boire, pour tuer le temps, chasser les démons et faire taire le silence.

Ce hameau pommé au milieu d’un rien aride rassemble un ramassis d’égarés tarés, exclus d’une société dont ils ne connaissent le reflet que par ses déchets : «c’est fou à l’extérieur ils doivent bien se marrer et nous on reste là avec les restes de leurs rires». Tous sont arrivés là, pour quitter le monde, sauf Willie le narrateur et Dig Doug, le creuseur de trous «qui quel que soit son âge restera toujours un enfant» ; eux sont nés là, c’est à dire nulle part.

S’échapper de nulle part, croire en un ailleurs, renoncer à la chierie de l’alcool qui libère un peu moins chaque soir et emprisonne un peu plus chaque jour, tels sont les rêves fous de Willie, 25 ans, orphelin à tête chercheuse ; il trouvera un bébé coyote, une utilité aux trous de Dig Doug, un vieux mi-sage mi-prophète, plus sa foi en la rédemption pour trouver le chemin de la sortie dans la douleur et dans l’horreur.

Estelle Nollet, passionnée de plongée sous marine, laisse là la barrière de corail pour sombrer dans les abîmes. Son univers excelle dans l’étrange, la musicalité de son texte envoûte, son coté «monde selon Garp», ses accents à la Steinbeck, à la Caldwell ou à la McCarthy, plus une touche Tim Burton (ciné-réalisable, donc) passe par les chemins de la déroute et de la route.

Sans, de façon hystérique, crier au chef d’œuvre, voilà du papier utilisé à très bon escient… Les arbres sacrifiés aimeront les rats-kangourous, le bébé coyote et le bienheureux Dig Doug ; le lecteur de cette rentrée littéraire, lui, n’aura qu’à foncer chez son libraire.


Raymonde Roman
( Mis en ligne le 16/09/2009 )
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