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''Petits'' bourreaux, grandes victimes…
Frédérique Clémençon   Les Petits
L'Olivier 2011 /  18 € - 117.9 ffr. / 189 pages
ISBN : 978-2-87929-727-9
FORMAT : 13,9cm x 20,5cm
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Frédérique Clémençon est née en 1967 et vit à Poitiers. Elle a publié trois romans qui ont connu un véritable succès critique : Une saleté (1998) et Colonie (2003) aux Éditions de Minuit, ainsi que Traques (2008) aux Éditions de l'Olivier. Dans ce recueil de huit nouvelles tranchantes, cinglantes de cruauté souvent, elle nous plonge dans un monde de l’enfance, bien loin des clichés rousseauistes. Ici les enfants sont «petits», non par leur âge ou leur maturité, mais par le peu de pouvoir qu’ils ont sur leur propre vie. Les adultes ne les épargnent pas, ils les malmènent même tout au long des récits.

Un jeune garçon est brutalement livré à l’angoisse et à l’impuissance depuis que sa mère a sombré dans la dépression ; un père divorcé, traité en paria par sa belle-famille, passe une dernière journée avec ses deux fillettes avant que la garde ne lui soit retirée ; une femme aime de façon dévorante sa petite fille sur laquelle elle reporte tous ses rêves contrariés de réussite musicale.

Le style est âpre, sans concession d’esthétisme, avec des phrases quelquefois très longues, jusqu’à provoquer parfois une sorte de malaise, comme si la méchanceté contenue des personnages était de l’ordre du jeu, en tout cas du jeu d’un certain pouvoir dont les enfants sont quelquefois les bourreaux, et à chaque fois les victimes.

Certaines nouvelles sont plus touchantes que d’autres, comme «Le rêve de Lazare», où une petite fille solitaire se lie d’amitié avec un solitaire mi-philosophe, mi-SDF ; dans cette histoire, l’émotion est au rendez-vous, une émotion peut-être plus «positive» qu’à d’autres moments.

«Voilà ma vie, se disait Jean : rien de moins qu’une affaire de conquêtes et de territoires, une minable affaire de territoires à conquérir – ou pas. Le sien, il n’avait pas su le défendre, il s’était étiolé, avait rétréci sous leurs assauts répétés, inlassables. Pendant que le leur avait gagné en puissance, en épaisseur, s’était fortifié, le sien faiblissait, en vertu de cette loi implacable, mécanique, qui voulait que ce qui est perdu pour l’un profite à l’autre, Alice tirant une joie mauvaise de ces joutes dont elle avait été un témoin gêné puis intéressé avant d’y prendre part elle-même, les mains posées sur la chevelure fine des fillettes qui le fixaient incrédules : il fut bientôt vaincu'' (p.13).

Il reste souvent de cette lecture un goût légèrement amer d’inachevé, on se demande quelquefois ce que l’auteur veut montrer, et reste la question lancinante : le monde est-il si cruel que ce que nous avons lu dans ces pages ?


Michel Pierre
( Mis en ligne le 18/02/2011 )
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