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On aimerait aimer M. Pingeot
Mazarine Pingeot   Bon petit soldat
Julliard 2012 /  19 € - 124.45 ffr. / 211 pages
ISBN : 978-2-260-02035-6
FORMAT : 13,3 cm × 20,5 cm
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On voudrait aimer Mazarine Pingeot, pour elle en plus de la filiation. Elle nous le demande, mal à l'aise dans un ''Je'' qu'elle étale sans parvenir à l'assumer, le comprendre. Un "Je" qu'elle grime en "Vous" ici. Pour mettre une distance entre la plume et soi-même ? Inviter le lecteur, ne pas l'isoler ? Répondre aux critiques qui déploraient cette triste autofiction ? On l'ignore et ce texte n'apporte pas de réponse claire. Le procédé reste de toute façon artificiel ; le "Je" est là, dans un ''jeu'' d'ombre et de lumière, de pudeur et de narcissisme, entre elle, nous, le Président... et papa.

Entre la mort de Danielle Mitterrand et la victoire de François Hollande, Mazarine Pingeot se raconte sous la forme d'un journal. Où tout se mêle, souvenirs (finalement rares : ceux venus ici arracher quelques anecdotes inédites d'une enfance et de Mitterrand dans son rôle de papa resteront tenaillés par la faim malgré quelques miettes jetées, consenties), réflexions sur une existence d'abord cachée, ensuite surexposée (et le ''Je'' garde les traces de cette schizophrénie), petits faits du quotidien (dont, savoureux autant qu'écoeurant, le récit des pérégrinations de l'auteure avec sa famille dans les allées d'un Auchan, où, entre humour et mépris, la philosophe se fait l'amère anthropologue de la France d'en bas...), et un journal de campagne.

D'un François à l'autre, socialiste dans les gènes (et la gêne ?...), Mazarine milite pour un retour du PS au pouvoir, dénigre Sarkozy avec des arguments éculés, ne défend pas vraiment Hollande qui n'aurait d'acceptable que son pédigrée, sa filiation - mais une autre - avec papa François. On se demande surtout, et la fin du récit le laisse entendre, si cette victoire socialiste n'est pas avant tout désirée pour permettre à Mazarine d'entrer enfin à l'Elysée par la grande porte, ne plus être cette enfant transparente et mutique (''bouche cousue'').

Ce ''Je'' qui appartient à tous, au PS, aux journalistes, aux Français, à la République, n'appartient toujours pas à Mazarine Pingeot, prisonnière de l'amour pour son père, qui est là, omniprésent, omnipotent, impossible à contredire (sinon à ne pas lire les volumes reliés de sa bibliothèque, légués par testament par François M. à M. Pingeot), impensable à dés-aimer. Elle adore le père ; elle haït le président. L'ambivalence demeure, le couple reste indissociable. Raison pour laquelle on ne saurait dire si cette autofiction nous a plu ou pas. Car le récit est d'une certaine manière captivant, parfois attendrissant, agaçant aussi, souvent. On aimerait aimer M. Pingeot...


Thomas Roman
( Mis en ligne le 09/11/2012 )
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