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De l’exorde à la clôture
Nuno Camarneiro   Les Hommes n’appartiennent pas au ciel
JC Lattès 2014 /  20,90 € - 136.9 ffr. / 252 pages
ISBN : 978-2-7096-4487-7
FORMAT : 13,0 cm × 20,5 cm

Brigitte Jensen (Traducteur)
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Attention ! Voici le premier roman très prometteur d’un jeune auteur portugais, Nuno Camarneiro, disposé en cinq parties comme un discours de rhétorique classique. Il propose le récit de trois vies distinctes, éloignées par des milliers de kilomètres à un même moment, vers les années 1910 : Karl, un immigrant d’Europe Centrale qui au début lave les vitres des premiers gratte-ciel de New York ; Fernando, un enfant misanthrope qui arrive à Lisbonne sur un bateau ; et Jorge, de Buenos Aires, qui vit son enfance comme dans un rêve loin de la réalité. Un roman très littéraire où chaque personnage a ses chapitres, sans contact avec les deux autres.

Karl est perdu et seul dans cette grande ville étrangère où il doit lutter pour manger et dormir ; il trace sa vie comme il peut. «S’ensuivent des affinités ou de l’indifférence dans cette ville, un homme est une machine à faire des choses, un verbe, une fonction qui se passe de tout le reste» (p.42). Il est licencié et devient garçon à tout faire dans un minable bordel. Il tombe amoureux de Célestina, fille de joie très brune, car il ne veut pas mourir seul.

Jorge vit heureux à Buenos Aires avec ses parents, sa sœur Norah et sa grand-mère Fanny qui est la mémoire vivante de toute la famille. Jorge a du mal à s’endormir, il s’invente des histoires avec des jeux et des intrigues qui l’aident à trouver un sommeil peuplé de rêves. «Jorge s’imagine en conquistador, en rebelle, en général, parfois en bandit. Les histoires de grand-mère Fanny alimentent sa fantaisie (…) Des hommes rustres et silencieux aux commandes d’armées, des batailles immenses et cruelles, des montagnes et des déserts entre chaque mission et la mort». (p.26). Jorge rêve aussi beaucoup, dans ses songes intemporels tout le monde est présent simultanément en divers endroits de la Terre. Il découvre l’école avec bonheur ainsi qu'une multitude d’histoires magnifiques dans les livres. Il part faire des études à Genève où il joue aux échecs géants dans le jardin des Bastions, et revient avec bonheur dans son pays. Dans son esprit, les idées vont de l'intérieur vers l’extérieur, elles surgissent n’importe quand et nourrissent son imagination.

Quant à Fernando, il arrive à Lisbonne par bateau et est accueilli par sa tante. C’est un enfant triste, désenchanté. Il n’est pas doué pour la vie : «La vie est un don qui requiert de l’entretien, elle exige des petits gestes comme de remonter une horloge ou de sourire aux passants» (p.39).

En ce 18 mai 1910, le ciel s’embrase, la comète de Haley est de passage dans le ciel, laissant nos trois héros indifférents. Mais les gens partout sur la Terre croient à la fin du monde, le phénomène déclenchant des réactions de panique et de folie. Karl, Jorge et Fernando sont liés par le regard poétique qu’ils portent sur leurs semblables et leur sensibilité à fleur de peau, accomplissant une longue marche vers soi et vers la connaissance, bien que la société ait de plus en plus de prise sur l’individu, déraciné des temps modernes. Il est si difficile de trouver sa place !

La langue de Nuno Camarneiro est belle et puissante, d’une grand qualité littéraire, où concision, paradoxes, associations fulgurantes, nature du langage originale nous amènent à réfléchir sur la vie et la mort.


Eliane Mazerm
( Mis en ligne le 12/11/2014 )
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