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La vie, l´écriture
Laurent Herrou   La Part généreuse - Journal de bord, Montréal 2012
Jacques Flament Editions 2014 /  13 € - 85.15 ffr. / 105 pages
ISBN : 978-2-36336-118-9

Claire Legendre (Préface)

L´auteur du compte rendu : Arnaud Genon est docteur en littérature française et professeur certifié en Lettres Modernes. Il enseigne actuellement les lettres et la philosophie en Allemagne, à l’Ecole Européenne de Karlsruhe. Visiting Scholar de ReFrance (Nottingham Trent University), il vient de publier Roman, journal, autofiction: Hervé Guibert en ses genres (Mon Petit Editeur, 2014). Il a cofondé les sites herveguibert.net et autofiction.org.

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En août 2012, Laurent Herrou arrive à Montréal pour participer au Festival de la fierté où il a été invité. Il est accueilli là-bas par Claire Legendre (qui signe la très belle préface), elle aussi écrivain et amie de longue date de l´auteur. Ce journal est un concentré d´anecdotes, de rencontres, d´émotions, d´autant plus dense qu´il se réduit ici à une période relativement courte – deux semaines – et à un événement particulier. Tout y est consigné. Laurent Herrou, en écrivain de lui-même qu´il est depuis son premier texte (Laura, Balland, 2000) nous livre sans fard ses sentiments, ses doutes, ses peurs. Il rapporte ses dragues, ses désirs, ses plans culs. Il nous parle d´amour et de jalousie. Non pas comme on s´exhibe ou se complait dans l´image de soi que l´on cherche à renvoyer, mais comme l´on s´offre, nu et désarmé, désemparé, seul, au lecteur et à l´écriture elle-même.

La «part généreuse» de son travail, note Laurent Herrou, est la photographie : «Tu prends souvent des photos en pensant à l´autre, ce n´est pas un geste que tu fais pour toi» Des photographies auraient dû venir illustrer les pages de ce journal, mais elles ont finalement été remplacées par d´autres textes, qui les décrivent et se substituent à elles, faisant de ces photos, selon l´expression de Guibert, des «images fantômes».

A la lecture de ce journal, on a envie de dire que l´auteur se trompe lorsqu´il considère la photographie comme «la part généreuse de son art». C´est son écriture, dans son geste même, qui incarne au plus profond cette vertu. Car l´écriture à cette force chez Laurent Herrou de dépasser son sujet, elle est plus nécessaire que ce à quoi elle sert, elle n´est pas un moyen, un médium – comme l´est la photographie – elle est sa propre fin. On se rend compte qu´il ne s´agit pas tant de raconter que d´écrire et peut-être même qu´il ne s´agit de vivre, d´aimer, de baiser, de souffrir que pour écrire et (se) donner à lire.

L´écriture de Laurent Herrou est généreuse et tragique de sa générosité. Etant sa propre fin, elle condamne tout le reste à être en-deçà de la littérature. Proust en son temps l´avait déjà souligné, au sacrifice de sa vie : «La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent réellement vécue, c'est la littérature».


Arnaud Genon
( Mis en ligne le 12/12/2014 )
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