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Reconstitution, révision
Gérard Guégan   Tout a une fin, Drieu
Gallimard - Blanche 2016 /  10 € - 65.5 ffr. / 144 pages
ISBN : 978-2-07-018371-5
FORMAT : 11,9 cm × 18,5 cm
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Drieu La Rochelle (1893-1945) hante encore les esprits. Figure torturée et contrastée de la collaboration littéraire parisienne, son destin tragique le sauve du sort de traitres plus antipathiques tels que Brasillach, Rebatet ou Fernandez. Une curieuse anti-gloire posthume que celle de cet homme qui s’est enfermé dans un désespoir de façade semé d’échecs et de désillusions. Du coup, on compose encore sur cet aspect à la fois fragile et impardonnable de l’intellectuel d’abord engagé à gauche. Aujourd’hui, la figure symbolique est devenue plus saisissante que l’écrivain (son œuvre y compris) à l’instar de beaucoup de ''collabos'' qu’on ne lit plus beaucoup, mis à part Céline.

Gérard Guégan (né en 1940) s’empare à son tour du mythe. L’écrivain prolifique, récemment récompensé pour son bel essai Fontenoy ne reviendra plus (2011), aborde les questions de responsabilité individuelle, de destinée romantique et de crapulerie antisémite. En créant cette fable et en mettant en scène Drieu, il tourne autour de la personnalité post-romantique de l’écrivain face aux clichés des tribunaux résistants. L’image désenchantée de Drieu tel un fantôme hantant les rues de Paris (de la même manière qu’il hante les esprits) avant son suicide sert de leitmotiv à cette fable qui fait penser aux Justes de Camus dans sa théâtralisation de l’intrigue.

D’un côté, le narrateur interpelle ce Drieu désespéré déambulant dans le Paris de 1944, pensant son suicide, ruminant ses échecs politiques et littéraires ; de l’autre, il décrit une caricature de procès fictif qu’un groupe de résistants, sous la conduite d’un certain Marat, lui aurait fait peu avant son suicide, le 15 mars 1944.

La fable est rondement menée mais à quoi sert-elle ? L’accusé est coupable. La résistance est héroïque quoiqu’aussi trouble que les positions du condamné. Il a fréquenté Brasillach et tout de même sauvé Paulhan. On sait tout cela par cœur, et cette fable (le texte est désigné ainsi) n’apporte pas grand-chose de bien structuré sur ces questions. L’homme est libéré mais si honteux qu’il met fin à ses jours en rentrant chez lui dans la nuit ? On attendait mieux de la part de Guégan. A présent, il faut laisser Drieu se réconcilier avec lui-même ; peut-être en l’oubliant aussi un peu...


Jean-Laurent Glémin
( Mis en ligne le 24/06/2016 )
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