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JLG : roman
Thierry Froger   Sauve qui peut (la révolution)
Actes Sud - Domaine français 2016 /  22 € - 144.1 ffr. / 434 pages
ISBN : 978-2-330-06650-5
FORMAT : 11,5 cm × 21,7 cm
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La Révolution, on sait plus ou moins quand ça commence mais on ignore toujours quand et comment la finir. C’est plutôt une bonne nouvelle».

Dans ce premier roman, Thierry Froger mêle personnages réels et imaginaires, Histoire et romance, la Révolution française et ses mirages contemporains. Il imagine une commande faite en juin 1988 par la Mission du Bicentenaire de la Révolution française et par le Ministère de la Culture à Jean-Luc Godard d’un film «qui s’inscrirait dans le programme des manifestations initiées à l’occasion du Bicentenaire de la Révolution».

Le cinéaste accepte le projet qu’il nomme «Projet 89» mais traîne, déjà engagé dans ses «Histoire(s) du cinéma» et le tournage de «Nouvelle Vague», envoi des idées de scénario protéiformes qui fluctuent sans cesse et ce fameux film repoussé de quelques années s’intitulera finalement (s’il voit le jour?) «Quatre-ving-treize et demi». JLG renoue avec un ami historien, Jacques Pierre, complice des années militantes post-soixante-huitardes et maoïstes, et spécialiste de la période révolutionnaire.

Jacques vit avec sa fille de dix-sept ans, Rose, sur une Ile de la Loire, et travaille à une biographie (elle aussi romancée) de Danton, l’imaginant survivant à la Terreur et exilé sur cette même Ile de Loire. Au fur et à mesure de ses visites, JLG va se sentir de plus en plus attiré par la jeune fille et leur relation donnera lieu à une correspondance amoureuse.

Curieux et ambitieux roman donc, narré à la troisième personne et qui a pour personnage de premier plan JLG, et pour autre personnage à l’arrière-plan, Danton. Tous deux à la fois imaginés mais croqués d’après témoignages, récits ou entretiens, lointains parce qu’historiques et/ou mythiques et proches parce qu’observés dans l’intimité crée par leurs auteurs respectifs (celui du roman et celui du «Danton»). Godard est croqué tel qu’en lui-même, roi des emprunts et citations, des court-circuit d’images et de mots, de la prolifération d’idées, de l’anxiété sur l’avenir et surtout l’agonie du cinéma et qui «a toujours aimé raconter des histoires. Sauf au cinéma».

La réflexion centrale au roman est universelle et débattue à distance dans chacun des récits et concerne la révolution et le temps ou la révolution dans le temps : «La Révolution qui a été faite par des hommes jeunes voire très jeunes, est-elle pensable vieille ?… Regarde ceux qui ont échappé à la guillotine : finalement, ils n’ont pas fait grand-chose après. Ils se sont bourgeoisement coulés dans le recyclage du Directoire puis de l’Empire, ou bien se sont retirés en province dans l’oubli, bons pères tranquilles, à Angers, Beauvais, Dijon ou Tours. Et c’est du Balzac. Ou bien en Normandie, et c’est Madame Bovary».

Des correspondances, comme un calque, s’instaurent par petites touches successives au fil des récits imbriqués entre JLG et Danton : deux révolutionnaires vieillissants, deux «ogres» attirés par de très jeunes filles, Rose et Louise, deux hommes sensibles et ambitieux, deux vies séparées par deux siècles mais intimement liées par ce lieu enchanté de l’Ile.

Ces récits sont entrecoupés de propositions de scénario de JLG à la Commission, propositions tantôt loufoques et décalées, joyeusement anachroniques, tantôt tragiques ou théâtrales («la mort de la princesse de Lamballe, des phrases arrachées à Michelet et recoupées en vers») mais tellement godardiennes. Des propositions qui intègrent les petits faits et personnages du quotidien et qui, une fois encore, vont mêler la vie et le cinéma.

Pour ceux qui n’auraient pas l’envie de lire les 437 pages de ce roman, mais ce serait tellement dommage, l’alternative est d’en lire le résumé sous forme de Générique… le plus long de l’histoire du cinéma puisqu’il dure une heure trente et «fait défiler l’ensemble des noms et personnages, figures et figurants… par ordre d’apparition».

Thierry Froger fait preuve d’une grande inventivité avec ce premier roman et son écriture est un vrai bonheur : précise, poétique, magistrale.


Sylvie Koneski
( Mis en ligne le 12/09/2016 )
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