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Rester perdu…
Jim Harrison   Le Vieux saltimbanque
Flammarion 2016 /  15 € - 98.25 ffr. / 147 pages
ISBN : 978-2-08-131310-1
FORMAT : 13,6 cm × 21,1 cm

Brice Matthieussent (Traducteur)
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Disparu le 26 mars 2016, à 78 ans, Jim Harrison laisse cet ultime livre, qui vient compléter En marge, sur un mode mineur. C’est un vieil homme qui se confie au lecteur en prenant un masque :«J’ai décidé de poursuivre mes mémoires sous la forme d’une novella. À cette date tardive, je voulais échapper à l’illusion de réalité propre à l’autobiographie». Au lecteur de décider donc ce qui est vrai et ce qui faux dans cette autobiographie qui ne s’avoue pas en tant que telle, même si l’auteur reprend la main dans un bel épilogue.

«Vieux saltimbanque», allusion à un cauchemar récurrent depuis un épisode de son enfance : «l’ogre saltimbanque se dressait devant ses yeux effarés, le visage enduit de cirage noir. Se croire hanté par des saltimbanques jusqu’à la fin de ses jours avait quelque chose de tristement comique».

Des souvenirs en vrac, les uns drôles, d’autres poignants, et au coeur d’entre eux, la douleur jamais apaisée de la mort accidentelle de son père et de sa sœur. Un regret, constant : la poésie, ne pas avoir été le grand poète qu’il avait rêvé à quatorze ans, et en même temps, l’écriture a toujours été présente. L’écriture romanesque, «noble» et l’écriture alimentaire, ou qu’il présente comme telle, des scénarios pour Hollywood. Un leitmotiv : l’écriture, les relations avec les écrivains, la littérature.

L’alcool, le tabac, les femmes, de tous âges, les conquêtes éphémères, ses filles, son épouse à laquelle la dernière phrase du livre rend hommage : «Pourtant au bout de cinquante cinq années de mariage, on découvre parfois que ç’a été la meilleure idée de toute une vie. Car l’équilibre d’un mariage réussi permet d’accomplir son travail». Mariage réussi, avec des épisodes pittoresques : sa femme armée d’un pistolet déterminée à les abattre, lui et sa maitresse surpris en pleine action, et lui la convainquant d’attendre : «Ne me tue pas avant que j’aie fini ce scénario, sinon tu perds cent mille dollars»… Si non e vero… Mais depuis ses 70 ans, sa sexualité est en berne…

Passent dans ces pages, jetés à pleines poignées, les moments de dèche et les moments fastueux, les réussites et les échecs, et toujours l’envie de croquer la vie à belles dents. Des moments de tendresse vécus avec son épouse âgée, des souvenirs de ces instants partagés dans leur enfance avec la petite Ruth, mennonite.

On a tellement envie de croire ce vieil homme hâbleur et touchant qui se prend de passion pour une truie qu’il élève avec ses petits, qui se réfugie dans la vaste nature américaine, qui aime pêcher à la mouche, qui se moque des clichés, qui évoque Paris et la France, qui nous raconte des histoires, qui se souvient de son enfance pauvre, qui est fier de savoir travailler de ses mains, qui aime trouver refuge dans un chalet isolé, qui «était incapable d’expliquer pourquoi il croyait à la résurrection, mais l’idée ne lui était jamais venue de ne plus y croire».

Ce vieil homme qui est avant tout un écrivain et un homme libre nous laisse une sorte de testament dans son épilogue : «Passacaille pour rester perdu, un épilogue. (…) Tout va beaucoup mieux quand on est perdu dans son travail et qu’on écrit au petit bonheur la chance».


Marie-Paule Caire
( Mis en ligne le 26/09/2016 )
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