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Un géant oublié de la littérature américaine
William Melvin Kelley   Un autre tambour
Delcourt - Littérature 2019 /  20,50 € - 134.28 ffr. / 284 pages
ISBN : 978-2-413-01751-6
FORMAT : 13,5 cm × 22,0 cm

Lisa Rosenbaum (Traduction)
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William Melvin Kelley (1937-2017), membre du Black Arts Movement, publia ce roman en 1962 puis quatre autres récits en dix ans. Il écrivit toute sa vie mais tomba injustement dans l’oubli malgré la singulière puissance de ses livres. Dans celui-ci, un homme noir décrit le point de vue des Blancs sur les Noirs. Que se serait-il passé si les Noirs américains avaient refusé une vie de soumission, dans le Sud et les années 50 ?

William Kelley a 24 ans et c’est alors l’apogée du mouvement des droits civiques. Il choisit de considérer la lutte d’une autre manière, imaginant le chemin de l’égalité pour ses compatriotes afro-américains. Ce roman est un classique redécouvert en 2018 aux Etats-Unis, qui permet aux lecteurs de 2019 de se plonger dans ce monde imaginaire du Deep South en pleine effervescence.

Le héros du roman, Tucker Caliban, jeune afro-américain, a acheté sa ferme à son ancien patron, un propriétaire terrien blanc. La parcelle cédée est significative : des générations de Caliban y ont trimé comme esclaves, puis devinrent ouvriers pour la même famille qui avait acheté leur ancêtre au négrier. Le 30 mai 1957, à Sutton, petite ville tranquille d’un état imaginaire entre le Mississipi et l’Alabama, Tucker recouvre de sel son champ, abat sa vache et son cheval, met le feu à sa maison et quitte la ville avec sa famille, suivi le jour suivant par toute la population noire de Sutton, soit un tiers des habitants.

Quel sens donner à cet exil spontané ? Quelles seront les conséquences pour la ville diminuée ? Ce sont toutes ces questions que se posent les blancs qui restent et qui fondent l’essentiel de ce roman choral. L’auteur décale et multiplie les points de vue, tout en posant la question raciale. Il insiste sur les liens complexes entre l’oppression, la bigoterie, la réparation et la culpabilité dont les Blancs ont hérité après l’abolition de l’esclavage. C’est une tache indélébile, l’esclavage étant un drame que l’on n’arrive pas à justifier et une honte pour l’éternité. Tucker détruit tous les biens sur lesquels ses ancêtres ont été opprimés pour marquer son entière liberté ; il n’est plus redevable de rien. «N’importe qui, oui, n’importe qui peut briser ses chaînes. Ce courage aussi profondément enfoui soit-il attend toujours d’être révélé. Il suffit de savoir l’amadouer et d’employer les mots appropriés et il surgira, rugissant comme un tigre».

Un grand roman puissant, à l’écriture fascinante, qui aide à comprendre le long calvaire des Noirs dans une Amérique toujours raciste.


Eliane Mazerm
( Mis en ligne le 30/09/2019 )
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