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Photographier les vivants
Hubert Mingarelli   La Terre invisible
Buchet Chastel 2019 /  15 € - 98.25 ffr. / 182 pages
ISBN : 978-2-283-03224-4
FORMAT : 11,6 cm × 19,0 cm
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Hubert Mingarelli offre à son lecteur une histoire à la simplicité et l'efficacité toutes hemingwayiennes, celle de deux hommes pris dans l'impossibilité d'un quotidien, imposée par la guerre. Les thèmes de Mingarelli sont là : une fraternité virile, un compagnonnage à la Steinbeck, et les blessures vives de l'histoire.

Nous sommes au cœur de l'été 45, la guerre est finie, certes, mais la terre est encore chaude des obus tombés et du sang versé. Le narrateur est un photographe anglais que les Parques ont posé à l'entrée des camps. Les clichés pris pèsent comme un sacrilège sur son âme ; il part donc, sur un semblant de coup de tête, photographier les vivants dans cette campagne anonyme que traverse un fleuve et malmènent quelques orages. L'accompagne un conducteur de l'armée, O'Leary, un personnage un peu simplet, hanté lui aussi par une histoire qui ne sort pas, qu'il murmure parfois, ou crie dans ses rêves... Le récit n'est que cela : l'itinéraire de deux hommes dans l'Allemagne du drame.

Photographier les vivants pour oublier les morts ? Ou bien photographier les bourreaux pour honorer les victimes ? Car toute cette population mutique et anonyme, dans ces bars et ces fermes, n'est-elle pas coupable aussi ? Les ambiances magistralement peintes par l'auteur, par gros aplats monochromes, disent cela : l'impossibilité d'un retour à la normale sise au cœur des rites qui cherchent à recréer cette dernière. Ici aussi, on pense à la peinture réaliste américaine, celle d'un Hopper bien entendu. Sur ces paysages rapidement brossés, sourdent les détails qui comptent, et les analogies qui font sens - pas plus : des œufs dans une ferme, un couple de jeunes mariés. Sur le fleuve pourtant, flotte soudain un cadavre sans nom.

Magistral, poétique, tragique, et vertigineux.


Thomas Roman
( Mis en ligne le 28/08/2019 )
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