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''Caveat emptor. Acheteur, prend garde''
Ian McEwan   Une machine comme moi
Gallimard - Du Monde Entier 2020 /  22 € - 144.1 ffr. / 385 pages
ISBN : 978-2-07-284997-8
FORMAT : 14,1 cm × 20,4 cm

France Camus-Pichon (Traducteur)
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La construction romanesque du dernier livre d'Ian McEwan est, une fois encore, assez remarquable, qui situe en 1982 un récit futuriste, pour dire notre temps, «une époque pléthorique». Les années Thatcher revisitées, avec conflits ouvriers, Falklands à libérer, IRA agitée... mais aussi la sortie de l'Europe, les téléphones portables, tablettes et autres jouets de notre modernité ; et, au-delà, l'entrée sur le marché des premiers robots androïdes. Un passé alternatif, entrecoupé de notre présent et d'un futur fictif. Plutôt magistral ! Le lecteur français sera d'ailleurs amusé d'apprendre que dans ce passé alternatif où les Beatles vivent encore, le président de la République n'est autre que... Georges Marchais !

Cette arrière plan historique et politique est plus qu'un décor. Ian McEwan, comme d'autres auteurs britanniques contemporains, exprime d'un trait épais des inquiétudes très actuelles – le brexit, la montée du populisme, les diktats du libéralisme et du consumérisme – en même temps qu'il offre une intrigue prenante centrée sur l'entrée des robots au foyer. Dans ce monde parallèle, Alan Turing, pape de l'informatique, vit encore, lui aussi ; il est à l'origine de cette percée : quelques dizaines de robot humanoïdes, tous nommés Adam ou Eve, machines ultra-pointues... et plus vraies que nature.

Le narrateur, Charlie Friend, est un trentenaire des plus quelconques, qui réside à Clapham, boursicote en ligne, étire un célibat pathétique ; un homme cultivé mais pommé. Féru de cybernétique, il achète, à la faveur d'un héritage, l'un des Adams. Le roman débute ici, avec la mise en marche du robot. «L'électronique et l'anthropologie (…) Adam était l'enfant de ce couple».

Les pages décrivant cet éveil de la machine sont les plus saisissantes, et les plus sensuelles aussi, du roman. Au point qu'on en aurait voulu plus et que le récit se concentre davantage sur cette confrontation de l'humain à la... chose, «triomphe de l'humanisme – ou son ange exterminateur». McEwan traite ces questions, subtilement en fait, et les habille d'intrigues secondaires incarnant un quotidien dont Adam est l'un des éléments. Adam qui apprend à la vitesse de la fibre optique et du côtoiement de son hôte et de son entourage, l'amie/compagne/amante Miranda, qui a ses secrets, le petit Mark croisé dans un parc proche... Un étrange triangle amoureux se met en place alors qu'Adam gagne en autonomie, refuse les ordres, désactive le bouton pouvant le mettre en sommeil... et tombe amoureux de Miranda pour qui il compose des centaines de haïkus.

Adam est-il pour autant poète ? Telle est que la question essentielle posée par le roman. Peut-il vraiment aimer ? Sait-il ce que jouer veut dire ? Et sa logique, implacable, aux probabilités toutes soupesées... peut-elle être humaine ?... D'autres robots ont signifié tragiquement leur incompréhension de la subjectivité humaine, la propension au mensonge, à la duplicité, à la cruauté même, un sens de la justice outrepassant les lois, par ce que, à défaut de suicide, l'auteur appelle «... la tristesse des machines». Adam, lui, dira ressentir un certain... optimisme.

Le roman lui même n'est pas si dystopique. Il est en fait absolument contemporain.


Thomas Roman
( Mis en ligne le 27/01/2020 )
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