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Cauchemar cambodgien
Jeanne Truong   Ceux qui sont restés là-bas
Gallimard - Blanche 2021 /  20 € - 131 ffr. / 272 pages
ISBN : 978-2-07-288804-5
FORMAT : 14,0 cm × 20,5 cm
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Ecrivain, scénariste, critique d’art, Jeanne Truong est née au Cambodge. Ceux qui sont restés là-bas est son deuxième roman, après La Nuit promenée (2005).

Un narrateur, Narang : «En 1978, le sort nous a tirés des cabanes de la mort», les cabanes de Pol Pot qui avait fait de son pays un immense camp d’extermination, et qui est vaincu par l’armée vietnamienne. L’Occident a suivi certes la révolution des Khmers rouges, sans toujours mesurer à l’époque (voire en admettant…) l’ampleur des massacres et de l’horreur qui s’était abattue sur tout un peuple captif. Puis vint la fin de Pol Pot et l’attention se détourna assez largement de ce petit pays lointain, et de façon générale d’une Asie du Sud Est où s’était conclue la fin de la guerre du Vietnam.

Or le récit de Narang décrit à partir de ce moment de «libération» la tragédie dont son peuple est victime. Narang, six ans, est avec sa mère le seul survivant de la famille. Son père et sa soeur ont disparu et longtemps la mère s’est épuisée dans une vaine attente. L’enfant est devenu muet. Avec sa mère, en 1978, n’osant croire au retour d’une paix improbable, ils fuient vers la Thaïlande, le pays frontière, se joignant aux immenses colonnes de réfugiés faméliques.

L’espoir est peut-être possible. En fait, ils ne rencontreront à nouveau que l’horreur, la famine, la haine des Thaïlandais qui refusent ces réfugiés démunis, les enferment dans des camps de la mort, puis renvoient de force les survivants dans leur pays, fusillent en masse les traînards, les récalcitrants ou les trop faibles. Non, la guerre ne se termine pas en 1978. La frontière est minée, et Jeanne Truong raconte le drame des survivants, la marche sur les cadavres accumulés car ils signalent que les mines ont explosé et que le risque est alors écarté. La mort au quotidien. La frontière quasi abolie entre morts et vivants, les hallucinations, la rencontre avec les esprits. La jungle redoutable et malgré tout protectrice.

Dans une belle langue, avec une grande douceur, Jeanne Truong déroule les terribles souvenirs de Narang, la rééducation dans les camps de Pol Pot, les rares moments d’humanité aussi. Narang et sa mère retrouvent la «soeur» de celle-ci et son ami Preah, le chasseur, qui les emmènent se cacher dans la jungle et un abri précaire.

C’est grâce à eux, à un journaliste français rencontré par la tante, que Narang pourra partir vers la France, alors qu’à son grand désespoir sa mère se refuse à quitter le pays. Quant à sa tante et à Preah, ils sont "ceux qui sont restés là bas" pour aider les survivants, mais aussi «enfouir les dépouilles, se recueillir et prier pour les âmes défuntes».

Un beau roman sur une guerre souvent méconnue.


Marie-Paule Caire
( Mis en ligne le 08/03/2021 )
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