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Journal d’une expat'
Isabelle Boissard   La Fille que ma mère imaginait
Les Avrils 2021 /  19 € - 124.45 ffr. / 224 pages
ISBN : 978-2-491521-67-7
FORMAT : 13,6 cm × 20,1 cm
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Isabelle appartient à la communauté des expatriés. Après l’Italie et la Suède, la voilà à Taïwan, accompagnant son époux pour une promotion professionnelle, et ses deux filles qui fréquentent le lycée français. Elle rédige son journal de façon fantaisiste, du dix août au premier novembre. Elle a mis sa propre carrière en sommeil. Or cette fois-ci, l’adaptation est plus difficile, car elle ne connaît ni la langue ni la culture du pays. Elle cherche sa place dans ce monde étranger.

Isabelle Boissard alterne le rire et les larmes avec un humour décapant et une autodérision féroce. Elle se considère comme un transfuge de classe, issue d’une famille très modeste, orpheline de père très jeune, devenue une adulte vivant dans la classe aisée de la diaspora française. Elle ne s’intègre pas à la communauté superficielle de ces femmes qui gèrent leur vie et leur famille avec autant d’aisance et de maîtrise partout dans le monde : le lycée français, les employées de maison locales et disciplinées. Son statut de conjointe, «conne jointe», comme elle dit, qui ne travaille pas, la rabaisse au rang d’être inutile, fragilisant son identité profonde.

Elle revient en France car sa mère, à la suite d’une chute, est hospitalisée dans le coma. Elle séjourne dans la maison maternelle, retrouve ses souvenirs d’enfance et souligne la dichotomie entre ses deux vies. L’écriture, spontanée et brute, lui permet de changer de registre brusquement, en alignant ses idées sur le journal. Pas de tricherie, ni mièvrerie, Isabelle est très sévère avec elle-même et les autres. «Je déteste le collectif, ça me rend parano. J’ai l’impression que tout le monde peut lire sur mon front que je suis une supercherie (…). J’ai tous les attributs de la classe bourgeoise, mais je n’en suis pas issue, je compte parmi les transfuges. L’expatriation a exacerbé ce sentiment».

Ce statut un peu bâtard lui donne des complexes, l’impression de ne pas connaître les codes et d’être démasquée. Ce déracinement géographique la déstabilise en lui faisant perdre ses repères. Elle suit un atelier d’écriture à distance avec un jeune et séduisant gourou, Gaspard, homme sûr de lui. Isabelle est heureuse de se mettre en valeur, elle excelle même dans ce travail ; lui, il ne cherche qu'à étudier le cas d'une ménagère expatriée proche de la cinquantaine...

Malgré l'auto-flagellation, Isabelle semble s’affirmer et trouver quel est son rôle au fil des situations. Elle puise son énergie dans l’écriture qui matérialise ses états d’âme et lui permet d’acquérir sa légitimité dans cette société un peu artificielle.

Isabelle Boissard, après Turin et Taïpei, vit aujourd’hui à Stockholm. Ce premier roman, très prometteur, n’épargne personne ; les formules frappent fort et donnent un roman vif et mordant. Un plaisir de lecture.


Eliane Mazerm
( Mis en ligne le 25/08/2021 )
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