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Parenthèse dorée…
Estelle-Sarah Bulle   Les Etoiles les plus filantes
Liana Levi 2021 /  21 € - 137.55 ffr. / 384 pages
ISBN : 979-10-349-0435-8
FORMAT : 14,0 cm × 21,0 cm
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Le premier roman d’Estelle-Sarah Bulle, Là où les chiens aboient par la queue (Liana Levi, 2018) avait séduit et été récompensé par plusieurs prix. Sur un autre registre, Les Etoiles les plus filantes devraient également rencontrer un vaste public.

Estelle-Sarah Bulle a choisi de raconter, en laissant libre cours à son imagination sur la trame de la réalité, l’histoire du tournage d’un film célèbre, Orfeu Negro. En 1958, le réalisateur Marcel Camus avait choisi de réaliser au Brésil un film qui conterait au coeur du Carnaval de Rio l’histoire revisitée d’Orphée et d’Eurydice, sur laquelle l’auteur brésilien Vinicius de Moraes, venait d’écrire une pièce de théâtre. Le choix doublement original de Marcel Camus est de ne faire tourner que des acteurs noirs et non professionnels pour la plupart, choix audacieux dans le contexte de la fin des années 1950… Le choix du scénario l’est tout autant alors que s’affirme en France la Nouvelle Vague dont l’esthétique et les sujets se situent à l’antipode du travail de Marcel Camus, considéré comme «has been». En dépit de ces obstacles, le film remporte à Canne la palme d’or, et une photo de Paris-Match, célèbre chez les cinéphiles, fige sur les marches de l’escalier de l’hôtel Martinez les réalisateurs de la Nouvelle Vague laissant une place à Marcel Camus.

Le choix d’Estelle-Sarah Bulle est de conter cette histoire avec la liberté de l’écrivain ; si les grandes lignes sont avérées, elle a changé les noms des personnages et leur prête une vie, des aspirations, des personnalités qui relèvent de son intuition. Elle entraîne son lecteur dans ce récit coloré qui met en scène un tournage dans une époque qui parait désormais d’un autre temps, un Brésil marqué par les différences sociales, l’influence des Etats Unis représentés par une CIA omniprésente, pour lesquels le cinéma est un instrument de domination culturelle non négligeable.

Se dessinent des destins un instant mis dans la lumière : l’héroïne Gipsy, que sa couleur de peau emprisonnera dans des rôles «typés» en dépit du succès international du film et de son choix de rester en France. Aucun des acteurs ne fera véritablement de carrière et Aurèle, le réalisateur, retombera dans un anonymat sans amertume. Quant au Brésil : «La parenthèse heureuse, dorée, frémissante, qu’avait connue le Brésil pendant moins d’une dizaine d’années, se referma brutalement, et personne n’en fut vraiment étonné». Le pays tombe sous la coupe d’une terrible dictature militaire. Cette «parenthèse heureuse, dorée, frémissante», Estelle-Sarah Bulle a su la faire revivre, embrassant dans ce roman ambitieux et réussi les divers aspects de ce Brésil où s’ouvrait l’immense chantier de Brasilia, capitale vécue comme l’image de l'avenir, moderne et belle utopie ; Rio de Janeiro où les favelas vivaient au rythme de la bossa nova, mais aussi de la violence, des trafics, de la détresse quotidienne… L'auteure évite les clichés attendus pour construire un récit chaleureux. En arrière-plan : le milieu du cinéma français, les intérêts politiques, les figures peu flattées de Malraux et de Cocteau dont le film sert les intérêts…

Une auteure pleine de talent. Les Etoiles les plus filantes confirme l’intérêt qu’avait suscité Là où les chiens aboient par la queue, et fait entendre une voix originale, qui tout en conservant sa personnalité et ses centres d’intérêt, est capable de changer de sujet. Le livre refermé, il faut se précipiter pour voir (ou revoir) Orfeu Negro sous cet éclairage neuf.


Marie-Paule Caire
( Mis en ligne le 27/08/2021 )
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  • Là où les chiens aboient par la queue
       de Estelle-Sarah Bulle
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