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Effondrements
Didier Castino   Quand la ville tombe
Les Avrils 2021 /  20 € - 131 ffr. / 256 pages
ISBN : 978-2-491521-60-8
FORMAT : 13,5 cm × 20,0 cm
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Les romans de Didier Castino explore les failles de nos humanités partagées. Dans Après le silence, au cœur des années 70, un ouvrier meurt dans une fonderie, écrasé par un engin, son fils prenant le relais dans la narration des luttes sociales. Rue Monsieur le Prince évoque la mort de Malik Oussekine une nuit de 1986, ainsi que les violences policières, la jeunesse qui passe. Quand la ville tombe, son nouveau roman, ne déroge pas aux principes narratifs chers à l’auteur : les morts côtoient les vivants pour leur insuffler un supplément de vie. Les trois romans ont la même construction, ils partent d’une mort qui a du sens, socialement et politiquement.

Hervé et Blanche se sont connus à la fac, ils s’aiment solidement, avec trois enfants à présent ; ils n’ont jamais voulu être un couple classique et conventionnel. Elle est enseignante en sociologie politique à l’université de Marseille et il est traducteur en anglais. Épris de justice, ils écument toutes les manifs avec leurs enfants pour revendiquer les droits du petit peuple. Didier Castino laisse certains éléments dans le flou, comme cette guerre internationale qui débute le jour où Blanche est tuée par l’effondrement du balcon d’un immeuble marseillais très vétuste. Ce drame fait penser aux huit morts de la rue d’Aubagne, dues à l’incurie des autorités phocéennes. Le couple devait se retrouver pour une manifestation.

Comme dans les précédents ouvrages, il y a un avant et un après la mort. Avant c’est la vie, le bonheur simple à cinq. La mort de Blanche vient tout briser, les enfants sont déboussolés, et le père est trop absorbé par sa douleur pour assumer son rôle, d’où une période de flottement. Puis dans l’entre-deux, Hervé s’accroche aux objets-souvenirs sans pouvoir couper le lien physique avec Blanche, son parfum, ses écharpes, ses réflexions. Il en est encore imprégné, c’est une petite mort pour lui. «Mes centres d’intérêt brutalement rétrécissent, j’essaie à peine de sauver ce qu’il reste à sauver, j’essaie de sauver ce qu’il reste à sauver, j’essaie d’apaiser sans certitude le chagrin des enfants, d’être à la hauteur de ce que ta mort impose».

Les orphelins ne doivent pas subir la double peine, la disparition de leur mère conjuguée à l’incapacité du père fracassé. Mais peu à peu, le deuil se fait, chacun prend de nouveaux repères, les enfants se posent moins de questions existentielles, Hervé se reconstruit en se rappropriant la morte, symboliquement, au fond de lui, mais de façon positive malgré le long chemin. Cette mort intime, si importante pour cette famille anonyme, dit son universalité : tous sont des victimes d’un élément extérieur. C’est toute la condition humaine qui est questionnée. Le temps d’après Blanche arrive, rédempteur. Il faut vivre avec le souvenir, dans la maison lui laisser une petite place, ne pas l’exclure pour une souffrance qui serait moindre. Blanche était au mauvais endroit, au mauvais moment, une victime anonyme du hasard, ce qui exacerbe le sentiment d’injustice pour Hervé, car, malgré tout, des responsables existent.

Didier Castino sait très bien relier l’actualité sociale et ses drames à la sphère privée. «Une force me porte ailleurs et sans tourner la page, on trimballe avec nous ce qu’on ne pourra plus vivre. Et parfois il arrive de ne pas y penser».


Eliane Mazerm
( Mis en ligne le 30/08/2021 )
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