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Que devient la blancheur quand la neige a fondu?
Florian Zeller   Neiges artificielles
Flammarion 2002 /  15 € - 98.25 ffr. / 180 pages
ISBN : 2-08-068260-1
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Neiges artificielles est un roman désenchanté. Son héros, narrateur égotiste, y disserte sur les impasses de l’existence et la tristesse du monde des grands. Après s’être fait plaquer, un jeune homme prend conscience de la difficile condition d’adulte. Il commence par se bercer d’illusions, escomptant le retour de l’être aimé, puis cède à la tentation de la vengeance, échafaudant divers scénarios (relevant du fantasme, il n’est pas question de passage à l’acte) pour occire de dépit sa chère Lou (s’identifie-t-il à Nietzsche, cité en exergue ?). Mais il prend brutalement conscience que l’amour est une impasse. Alors il traîne son désespoir dans les soirées branchées, qu’il fréquente assidûment, les lits de ses multiples (mais anecdotiques) conquêtes et même les laveries automatiques de divers quartiers de la capitale, où il rencontrera une petite chinoise. Cette dernière lui donnera l’occasion d’avancer des considérations de sinologue de comptoir, et de s’offrir un petit émoi sexuel.

Neiges artificielles est un titre qui fait référence au fameux vers de Shakespeare : "Que devient la blancheur quand la neige a fondu ?" Pour Florian Zeller, la question est : "Que deviennent la magie et l’insouciance de l’enfance lorsque l’on arrive à l’âge adulte ?" Le narrateur ne se résigne pas à "l’extinction des feux de son enfance". Face à une société qu’il juge inapte à l’épanouissement du sentiment amoureux, il ne verse pas dans la radicalité ou l’instinct de destruction. Déjà résigné, il ne peut que constater, sur le ton un brin complaisant d'un dandy actuel son inadaptation au monde qui l’entoure, ce monde dominé par des adultes ayant perdu de vue le caractère sacré de la vie humaine.

Il s’agit d’un roman générationnel, moderniste et bourré de clins d’œil visant à lui donner une dimension "sociologique". Mais, au bout du compte, ces tribulations de branché à la dérive lassent un peu. Peut-être le lecteur aura-t-il la désagréable impression de lire la dissertation brillante mais un peu lisse d’un fort en thème. Sur un plan plus sociologique, le portrait que nous brosse l’auteur d’une certaine jeunesse est caricatural. Son personnage principal est l’incarnation de la jeunesse parisienne bobo, celle qui n’hésite pas à méditer sur son sort à la terrasse du Flore avant de passer la soirée dans une boîte à la mode (où l’on cogite aussi pas mal, parce qu’on s’y ennuie). Et puis Florian Zeller, qui ne donne pourtant pas dans le trash, n’a pas pu résister : il a inclus dans son roman des scènes de sexe bien crues, ainsi que le commande la tendance moderniste actuelle du porno chic (dans le cas présent plutôt porno que chic). Etait-ce bien nécessaire ?


Olivier Cleuet
( Mis en ligne le 12/03/2002 )
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