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Virginie Despentes : Après le hard, so sweet
Virginie Despentes   Teen Spirit
Grasset 2002 /  16 € - 104.8 ffr. / 221 pages
ISBN : 2-246-60621-7
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Baba cool, glandeur, claustro, Bruno, apprend par une ex qu’il a une fille de treize ans. Coup de gueule ! Viré par Catherine, poussé par Sandra chez qui il squatte, il rencontre la gamine, une ado aussi larguée que lui. Et le paumé de faire l’apprentissage de la paternité. Sa vie prend un sens, il existe enfin pour une petite Nancy qui lui exprime une affection et une admiration sans bornes. La mère, une business woman, déprime, "s’affaisse", à mesure que Bruno prend conscience de ses responsabilités. Cet homme a "au moins une chose que la vie lui a appris à réussir : serrer les gens contre lui en plein désastre, faire semblant de ne pas avoir peur…"

On pourrait être ému, tant de tendresse après le hard. Serait-ce une nouvelle tendance dont Despentes serait l’annonciatrice ? Pourtant, quelque chose nous retient. Qu’est-ce qui cloche dans ce monde blanc bleu ? Le "message" , la dimension "philosophique" du roman. C’est là que le bât blesse : aux bons sentiments s’ajoute une vision d’un monde "chocolat et Orangina" manichéenne. Le personnage de Bruno s’en trouve alourdi, pataud. Trop de systématisme, notamment dans les diatribes sur le bombardement médiatique et télévisuel : "Jamais propagande n’avait été mieux dispensée, et jamais propagande n’avait connu un tel cynisme. Même dans les pires bourrages de crâne, staliniens, hitlériens, sionistes ou palestiniens, catholiques et scientifiques, les professeurs avaient eux-même été fomatés, et croyaient ce qu’ils dispensaient. "

Nous n’irons pas jusqu’à dire, comme certains, que Teen spirit est un livre totalement dénué d’intelligence. Mais on se demande quel fil relie cette jolie relation père-fille à la destruction des tours du World Trade Center, le 11 septembre…Bruno s’attriste : "J’ai regardé Nancy et j’étais désolé pour elle. Un monde défiguré à nos enfants…Gosses de riches se bagarrant entre eux, écrasant tout sous leur fureur." Comment s’en sortir dans un monde pourri de "décombres et de fumées, d’embuscades, de répression sanglante et de bordel en crescendo" ? Par une main tendue à un enfant. Non, ce n’est pas le père Ceyrac qui parle (lui s’occupe de 25 000 enfants en Inde), c’est notre beauf qui, soudain, découvre qu’il faut profiter du peu qu’on ait. Nous vous le disions : on a le cœur serré ! C’est comme la fin d’Harry Potter : trop beau pour être vrai, un conte de fée dans un monde de brutes.


Emmanuelle de Boysson
( Mis en ligne le 06/05/2002 )
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