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Souffleur d’histoire(s)
Frédéric Grolleau   Monnaie de verre
Nicolas Philippe 2002 /  19.5 € - 127.73 ffr. / 342 pages
ISBN : 2-7488-0016-8
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Deux amants italiens issus de familles rivales, obligés de s’aimer dans la clandestinité, ça rappelle tout de suite quelque chose. Si par son postulat de départ, Monnaie de verre évoque irrésistiblement un certain chef-d’œuvre de Shakespeare, le parallèle, pourtant, doit être vite abandonné. Car ici, Frédéric Grolleau fait mourir son Roméo dès les premières lignes du roman. Et qui plus est, assassiné par la famille de son aimée, Leonora. Les deux clans, les Neri et les Vettori, ne s’aiment pas : tous deux verriers de père en fils à Murano, ils gardent jalousement les secrets de leurs techniques. Et n’entendent pas risquer de les voir éventés. Leonora, pourtant, vole ce qu’elle peut dans la cachette de son père et prend la fuite. Comme par fidélité à Taddeo qui a payé leur amour de sa vie, elle part pour Altare, entre Gênes et Savone, où ils avaient rêvé d’ouvrir boutique à deux. Elle y sera seule, pour s'initier au métier de souffleuse. En même temps qu'au statut de femme, et de fugitive. Entre l’Italie et la France, entre le trop séduisant Bruno et la cour de Louis XIV, elle entend bien, enfin, décider de son destin.

On pourrait croire, à lire ce qui précède, avoir affaire à un classique roman historique. Certes, ce livre en est un, mais aussi bien davantage. L’intrigue est menée avec application et tous les rebondissements nécessaires pour tenir le lecteur en haleine sont habilement distillés. Mais le plus déroutant, c’est le reste, tout le reste. Car dans ce roman à tiroirs, Frédéric Grolleau se plaît à brouiller les pistes. Il écrit autant une histoire que l’Histoire, quasi-scientifique voire pédagogique, de la fabrication du verre. Incises, notes de fin de volume - qui auraient peut-être gagné à être en bas de page -, le lecteur plonge dans des techniques qui lui sont inconnues avec une curiosité vorace.

Ces histoires de nature différente, entremêlées, sont évoquées dans un style fleuri, franchement osé tant il dénote dans la vague actuelle où le langage s'appauvrit toujours plus. Ici, on retrouve des mots oubliés, des "mithridatiser", des "algarades", des "opalescence" maniés avec justesse mais aussi distance. Car Frédéric Grolleau n’est pas un de ces nostalgiques de la langue d’hier. S’il l’utilise, c’est autant pour rendre hommage à un genre disparu que pour s’en amuser. Cette parodie qui s’avoue à peine donne le ton exact qu’il fallait à un roman ambitieux où le plaisir de la fiction vient épauler la pédagogie de la science.


Thomas Bronnec
( Mis en ligne le 28/06/2002 )
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