L'actualité du livrerencontre rencontrefemme Vendredi 28 février 2020
  
 
     
Le Livre
Littérature  ->  
Rentrée Littéraire 2019
Romans & Nouvelles
Récits
Biographies, Mémoires & Correspondances
Essais littéraires & histoire de la littérature
Policier & suspense
Classique
Fantastique & Science-fiction
Poésie & théâtre
Poches
Littérature Américaine
Divers
Entretiens

Notre équipe
Essais & documents
Philosophie
Histoire & Sciences sociales
Beaux arts / Beaux livres
Bande dessinée
Jeunesse
Art de vivre
Poches
Sciences, écologie & Médecine
Rayon gay & lesbien
Pour vous abonner au Bulletin de Parutions.com inscrivez votre E-mail
Rechercher un auteur
A B C D E F G H I
J K L M N O P Q R
S T U V W X Y Z
Littérature  ->  Romans & Nouvelles  
 

Eternelle jeunesse
Doris Lessing   Le Rêve le plus doux
Flammarion 2004 /  22 € - 144.1 ffr. / 486 pages
ISBN : 2-08-068214-8
FORMAT : 15x24 cm

Traduit de l'anglais par Isabelle Philippe.
Imprimer

Le mieux, pour aborder le dernier roman de la grande conscience des lettres anglaises, serait d’oublier qui est Doris Lessing. En tout cas, de tenter de l’oublier. Pas facile, c’est sûr, de ne pas se souvenir que la vieille lady rebelle qui nous livre ces presque 500 pages, a été l’une des plus sûres icônes d’au moins deux ou trois grands mouvements de libération du siècle, féminisme, anti-racisme, anti-capitalisme. C’est vrai, celle qui vous raconte une histoire a aussi, un peu, fait l’histoire. Mais dans Le Rêve le plus doux, point de bons sentiments politiques, d’injustice sociale, ni de souffle épique historique, semble-t-il. Certes, la plongée dans la fin du siècle, partant des années soixante jusqu’à nos jours, nous entraîne dans le tourbillon des événements et des idées. Mais ce sont bien les personnages et leurs mésaventures qui prennent le pas sur les soubresauts géopolitiques.

Idéalistes mal dans leur peau, révolutionnaires cyniques, étudiants paumés, marginaux et réfugiés de tous bords et de toutes couleurs gravitent autour des deux héroïnes, Frances et Julia, dans une demeure patricienne d’un beau quartier de Londres. Deux femmes généreuses, complexes et sensibles. Bientôt, la saga familiale et sentimentale nous enveloppe, et il devient aisé de laisser de côté la femme engagée, la défenseure de la première heure des droits des femmes, des Noirs et des opprimés. De se laisser porter par la narratrice hors-pair, la conteuse au long cours. Imperceptiblement, le monde de Julia et de Frances devient le nôtre. Idées, êtres, mais aussi littératures. Ainsi cette touchante liste de livres que Sylvia, ex-pensionnaire de la maison londonienne devenue médecin de brousse en Afrique, réclame pour ses bonnes œuvres : «Fioretti de la Vierge Marie. La Théorie et la pratique de la bonne gestion en Afrique sub-saharienne. Comment bien écrire en anglais. Les tragédies de Shakespeare. Les Nus et les Morts (…) Mowgli. Jude l’Obscur. Les Hauts de Hurlevent. Tarzan, etc». On sort épuisé mais heureux de ces quarante années de tranches de vies.

Bien sûr, Doris Lessing nous a menés en bateau, avec une science de la mystification que ne renierait pas certain gourou révolutionnaire du Rêve le plus doux. L’auteur de Carnet d’Or et du Monde de Ben nous a bien eus. Ces sixties revisitées forment, on le soupçonne d’abord, on s’en convainc maintenant, un formidable plaidoyer pour les idées libérales de l'auteur.


Jean-Michel Cedro
( Mis en ligne le 26/01/2004 )
Imprimer
 
SOMMAIRE  /  ARCHIVES  /  PLAN DU SITE  /  NOUS ÉCRIRE  

 
  Droits de reproduction et de diffusion réservés © Parutions 2020
Site réalisé en 2001 par Afiny
 
livre dvd