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Secrets de famille
Isabel Allende   Portrait Sépia
Grasset 2001 /  21.22 € - 138.99 ffr. / 390 pages
ISBN : 2-246-61771-5
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Femme jeune et belle, dotée d’un caractère bien trempé, Isabel Allende vit avec son mari près de San Fransisco. Le lecteur, submergé par la force des images et des personnages de ses romans pourrait imaginer un auteur âgé égrenant dans ses livres des souvenirs de famille. Ce qui est loin d'être le cas, ses personnages sortant tout droit de son imagination : le merveilleux chinois Tao Chi’ et sa femme, la pâtissière Eliza Sommers, leur vie dans le vieux Chinatown de l’époque de la ruée vers l’or grouillant de prostituées, leur fille Lynn, une beauté dont Matias, un fils de famille, abuse. Quelle dignité que ce couple qui rend visite aux riches parents de ce fils indigne et quel mépris pour l’enfant non désiré!

Cet enfant, c’est Aurora. A la mort de sa mère, elle est élevée par ses grands-parents. A la disparition de Tao Chi’, décédé à la suite d’une agression, Aurora part vivre au Chili auprès de sa grand-mère paternelle, l’incroyable, l’énorme Paulina del Valle. La petite fille n’a plus aucun souvenir de ses premières années, seul un cauchemar la hante : l’agression de son grand-père chinois par des hommes en noir. Elle finit peu à peu par retrouver la mémoire.

L’intérêt du livre tient à la toile de fond historique - ces deux mondes contrastés que forment le vieux San Francisco dépravé et le Chili en guerre - une guerre absurde pour l’auteur. Il découle aussi de la fresque familiale déroulée de livres en livres, puisque Portrait sépia est le troisième volet d’un triptyque comprenant La maison aux esprits et Fille du destin. L’écrivain sait créer des personnages attachants, réunis par une même quête d’identité, une même recherche de vérité. Tels des héros de tragédie grecque, ils sont guidés par des drames, des secrets familiaux qu’ils finissent par découvrir. La grande force du roman tient surtout aux personnages féminins : des héroïnes volontaires, sensuelles, capables de prendre leur destin en main. Elles ressemblent à Isabel Allende qui nous confie : "L’écriture vient du fond de soi-même, de la mémoire, de la souffrance. Je connais bien l’histoire du Chili - elle est la nièce de Salvador Allende - les femmes chez nous sont des piliers, elles sont généreuses, ouvertes. Je n’ai jamais vu mon père. Il est parti quand j’avais trois ans. J’ai eu en revanche des relations très fortes avec mes grands-parents".

Isabel s’enflamme lorsqu’elle parle de la traite des gamines chinoises jusqu’en 1910. Sensible à l’injustice, elle n’hésite pas à prendre position, à dénoncer la dictature chilienne, la mort suicidée de Salvador lors du coup d’état. Et aujourd’hui le chômage. Quant à sa vie personnelle, elle la considère comme une victoire. "J’avais quarante ans, je voulais me marier, j’ai rencontré un avocat : coup de foudre de ma part. Je me suis installée chez lui, il a fini par m’aimer, je lui ai proposé un contrat, il a accepté de m’épouser. Nous sommes devenus inséparables!"

Un grande fresque romanesque ne permet-elle pas de ressusciter ses ancêtres, de reconstituer la longue chaîne de sa famille puisque "finalement, la seule chose que nous possédons vraiment, c’est la mémoire que nous avons tissée" ? Chacun choisit le ton, le style pour raconter sa propre histoire. Celle d’Isabel Allende n’a pas la clarté d’une impression photo platine, mais celle des nuances, des mystères voilés, des incertitudes et le ton de son roman s’ajuste davantage à celui d’un portrait sépia.

Personnages hauts en couleur, humanité, transmission des savoirs entre enfants et grands-parents, thèmes de la mémoire et de la quête du bonheur rythment ce roman attachant et authentique.


Emmanuelle de Boysson
( Mis en ligne le 19/06/2001 )
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