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Superbement morbides
Akira Yoshimura   Voyage vers les étoiles - Précédé de Un spécimen transparent
Actes Sud - Lettres japonaises 2006 /  16 € - 104.8 ffr. / 150 pages
ISBN : 2-7427-6296-5
FORMAT : 10,0cm x 19,0cm

Traduction de Rose-Marie Makino-Fayolle.
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Deux nouvelles qui regardent la mort en face, avec poésie, une innocence feinte, une insolente complicité… Le blasphème et le suicide, deux poisons aux humeurs précieuses pour notre auteur. En évoquant gracieusement les agissements d’un homme qu’on dirait criminel, en fait poète, et le suicide d’une bande de jeunes, Akira Yoshimura réinscrit sublimement la mort dans son lit naturel : la vie, la beauté, la jeunesse…

Kenshiro a été marqué à vie par le «hobby» de son beau père, qui avait fini en prison pour avoir volé des fémurs humains dans les quartiers incendiés par les tremblements de terre, et y avoir sculpté des scènes érotiques… Il poursuit l’œuvre, errant dans des hôpitaux, boucher sophistiqué pour cadavres humains, une basse besogne qu’il sublime par son art : une alchimie donnant aux os la transparence du verre… Mais jusqu’où peut-il aller pour poursuivre son œuvre ?...

Le second récit raconte le suicide collectif d’un groupe d’étudiants. Peu importe le pourquoi (anomie d’un Japon hyperconsumériste et compétitif, à l’image de la planète, rigidité des rapports sociaux, ou simple folie douce d’enfants non aguerris ?...) : ils mourront. Et l’auteur nous les fait suivre. «Leur départ en voyage, décidé entre eux tout naturellement sans qu’ils en eussent vraiment conscience, avait été minutieusement organisé par Miyake. L’idée même de la mort avait perdu peu à peu de son tragique dans leur esprit et ils se retrouvèrent bientôt en train d’étudier avec passion leur projet de voyage en plaisantant joyeusement au sujet du mot mort» (p.114). La scène finale est d’anthologie : en quelques mots précis et pudiques, Yoshimura sait créer en nous le vertige, jusqu’à cette dernière seconde où explose le temps. Terrifiant et magique.

Ni glauques ni, finalement, morbides, ces deux histoires transportent avant tout, au fil d’une plume trempée dans un étrange éther… Le lecteur le respire et s’en entête… au point de reprendre ou poursuivre, le livre refermé, la lecture de l’œuvre entière. Décédé en juillet dernier, Akira Yoshimura était en effet l’un des plus grands romanciers japonais de son temps.


Bruno Portesi
( Mis en ligne le 12/01/2007 )
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