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Le cauchemar climatisé
Jonathan Franzen   La Zone d'inconfort
L'Olivier 2007 /  21 € - 137.55 ffr. / 252 pages
ISBN : 978-2-87929-559-6
FORMAT : 14,0cm x 20,5cm

Traduction de Francis Kerlin.
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J’ai grandi au centre du pays, au milieu de l’âge d’or de la classe moyenne américaine» (p.21). Bref, historiquement, sociologiquement et géographiquement, Jonathan Franzen était destiné à être pour la Middle-class américaine ce que Proust fut pour la haute bourgeoisie européenne : une nécessaire caisse de résonance, né au bon moment, au bon endroit (Webster Groves, ville emblématique de la bourgeoisie américaine, dixit un retentissant documentaire sur CBS en 1966), avec les attributs idoines, plus un goût prononcé pour la plume, afin de… témoigner. Ce en quoi La Zone d’inconfort (terme renvoyant à la «zone de confort», température idéale dans un foyer climatisé digne de ce nom) relève plus du manifeste social que de l’autobiographie (et l’on pense inévitablement, en filant la métaphore, au Cauchemar climatisé d'Henry Miller…).

Un roman en forme d’exemplum pour expliquer, non sans finesse, ce qu’être Américain, aujourd’hui, veut dire : bourgeois nimbé d’ennui dans un pays diabolisé à travers le monde : «La honte et le danger d’être citoyen d’un pays que le monde entier assimile à Bush : n’était-ce pas là déjà un fardeau suffisant ?» (p.29) Le récit est ainsi une série de tableaux que l’auteur retient pour illustrer son propos : en partant de la mort de la mère, maladroitement aimée, et de la vente de la maison familiale, sanctuaire à liquider, de l’enfance au temps présent, Franzen nous conduit de sa jeunesse dans les camps façon scouts/chrétiens/communautaire/New Age à sa passion pour les oiseaux, en passant par le gentillet terrorisme lycéens (l’ennui, toujours l’ennui, esquivé par 400 coups)…

Mais un ennui nostalgique, les yeux rivés sur une sorte d’âge d’or, jeunesse perdue sans crier garde. Un symbole la résume : les comic-strips de Charles Schultz (alter-ego de l’auteur ?), les Peanuts, Charlie Brown, ses amis et le délicieusement cynique Snoopy, lecture d’enfance, au parfum d’années soixante, auquel Franzen consacre tout un chapitre, sorte de docu-auto-fiction qui, de fait, donne l’envie de se plonger à son tour dans cette BD discrètement irrévérencieuse et surannée… «Je voulais vivre dans un monde à la «peanuts» où la colère était drôle et l’insécurité adorable» (p.69)…

Bref, un ennui mélancolique, qui a sa «zone de confort», tiré d’une appartenance de classe et de la fuite du temps qui passe. Un roman où cet ennui, parfois, hélas, affleure, mais qu’on lira avec plaisir, néanmoins…


Bruno Portesi
( Mis en ligne le 03/12/2007 )
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