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Une saison au paradis...
Elisabeth Bélorgey   Une saison en Abyssinie
Fayard 2001 /  18.17 € - 119.01 ffr. / 295 pages
ISBN : 2-213-60994-2
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"Délaissant les atlas, Marie-Eugénie n’a rien voulu savoir, préférant laisser dériver sa famille dans un incertain mirage. Après tout, sa vie n’est-elle pas ici ? Quitter Athènes ?" Mais elle doit obéir à l’injonction paternelle. En remplissant ses malles, le cœur serré, elle s’apprête à un voyage dans l’inconnu, vers l’Ethiopie familiale et, pourtant, si peu familière, vers les projets de mariage de ses parents, vers l’âge adulte.

Enfin Djibouti : l’élégance de l’alphabet éthiopien, le regard brûlant d’Henry de Monfreid, croisé derrière une vitre de train. Déjà le Pirée et ses cohortes de souvenirs d’enfance sont loin. Partir sans regrets, d’instinct, la jeune fille l’a appris. L’image du passage à un autre âge est presque trop transparente, l’écriture d’ Elisabeth Bélorgey la rend - heureusement - à la fois émouvante et légère.

Marie-Eugénie quitte donc la lumière grecque pour le minéral horizon danakil. Va-t-elle s’y évaporer ? Disparaître, annihilée, à l’image de sa sœur, de ses parents, dans ces horizons nouveaux, et qui déjà l’accablent ? Et qui déjà, aussi, l’attirent, la magnétisent !… L’Afrique révèle les âmes. Brasillach a livré, en petit chimiste, les formules de la transformation d’une femme en africaine, en "Conquérante". Vite, mettre un terme à ce piteux vaudeville qu’on appelle famille. Avoir grandi loin des siens l’y aidera. Et découvrir ensuite la vie. L’Afrique. Cela ressemble au goût d’une pastèque lorsque, la bouche collée par la chaleur et la poussière, la première bouchée réveille le corps et l’âme brûlants. Loin des quartiers européens où le colon se désagrège de maladie, de spleen et de brutale stupidité, elle partira... Images de bouts du monde, comme Olivier Rolin a su en susciter dans son Port-Soudan : la corne de l’Afrique est une drôle de terre ; les bateaux comme les cœurs y rouillent vite, si on n’y prend garde !

Wilfried Thesiger, le grand explorateur britannique, a peint comme personne l’Ethiopie. Certaines pages de La Vie que j’ai choisie sont de pure anthologie. Un titre qui justement va comme un gant au destin que Marie-Eugénie se forge. Elisabeth Bélorgey n’est pas maladroite non plus, dans ses descriptions paysagères, et dans sa façon de mêler minéral et animal dans une ronde, cuite et recuite par le soleil d’Abyssinie.

L'auteur déploie une belle écriture, fine et précise. Retenue aussi. On n’entre jamais par effraction dans ce qui, finalement, est un journal intime. Les sentiments qu’Elisabeth Bélorgey prête à Marie-Eugénie ont le goût un peu effacé du vécu, par certains moments. Plus encore que de vraisemblable, le récit en ressort empreint de sympathie.


Vianney Delourme
( Mis en ligne le 06/11/2001 )
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