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Orphée malgré lui
Martin Page   Peut-être une histoire d’amour
Seuil - Points 2009 /  6 € - 39.3 ffr. / 178 pages
ISBN : 978-2-7578-1473-4
FORMAT : 11cmx18cm

Première publication en août 2008 (L'Olivier).
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Un lien amoureux ne se rompt pas sans faire voler en éclats ceux qu'il maintenait ensemble. Et lorsque le lien amoureux se résume au clignotement rouge d'un répondeur, l'explosion ne prend pas pour autant des dimensions plus raisonnables. Un soir, Virgile est rentré tranquillement chez lui, innocemment pour ainsi dire, sans rien voir venir, et le noir appendice téléphonique a énoncé d'une voix inconnue le verdict fatal : «C'est Clara. Je suis désolée mais je préfère qu'on arrête là. Je te quitte, Virgile. Je te quitte». Le portable se porte à son tour volontaire pour relayer la mauvaise nouvelle, quand les amies de Virgile s’offrent de lui tenir compagnie afin de le réconforter de cet énième échec sentimental dont les échos leur sont parvenus par une amie de Clara. Clara qu'il n'a, en fait, jamais vue !!! Ou pense n'avoir jamais vue ?

La mise en scène tragi-comique assure au récit une efficacité sans faille dans laquelle l'anti-héros Virgile ressemble bien plus à Tibulle qu'au créateur de l'Enéide, à ceci près que le poète élégiaque se trouve ici, pour les nécessités du roman, mâtiné d'une sorte de mutation du rond-de-cuir cher à Courteline - société de consommation oblige, le col-blanc est devenu créatif publicitaire, mais la recherche du confort à tout prix garde sa primauté.

Un peu geignard, gentil et assez joli garçon, très porté à l'auto-complaisance, il est enclin à douter de tout et de sa santé (mentale et physique) en particulier, bien encouragé en cela par un sens de la dérision poussé à l'extrême : cela évite peut-être de se poser des questions trop embarrassantes quant au sens de sa vie, un risque souvent sous-estimé mais avec lequel il faut composer quand on est intelligent comme l'est Virgile.

Il aime beaucoup les femmes, elles sont si belles. Mais il s'aime en réalité plus que tout, et ne comprend pas du tout ce à quoi la dénommée Clara a voulu jouer : quoi qu'il en soit, c'est à lui que revient l'honneur de prendre la main dans cette partie compliquée et il entend le faire dans les règles de l'art. Pour cela, il va falloir qu'il mette au clair bien des choses, lui qui s'est jusque-là laissé porter, avec l'égoïsme innocent d'un petit enfant désireux de conserver intact l'équilibre de son univers, durement conquis. Le monde est en effet régi par des lois dont le principal intérêt est de rendre ludique et, surtout, stable, l'existence dans laquelle il se prélasse. Martin Page les présente sous forme de raccourcis pragmatico-moraux où naïveté et perspicacité se mêlent, d'appréciations loufoques semées tout au long du roman, et l'on en vient à se prendre d'une sympathie amusée pour ce personnage qui a pourtant tout de l'adolescent trop gâté.

Il lui a fallu bien du temps pour découvrir l'intérêt principal de la vie, à savoir la dépossession de soi que provoque l'amour et la satisfaction qui naît de l'affirmation de sa volonté, complémentaires quoique paradoxales ; mais il y parvient, et c'est avec savoir-faire que l'auteur tire les ficelles de cette comédie sentimentale dans l'air du temps, alternant émotion et pantomimes drôlatiques, le tout nappé d'une ironie douce-amère omniprésente. Il n'y a là rien de très révolutionnaire, mais les amateurs du genre ne seront pas déçus.


Aurore Lesage
( Mis en ligne le 15/09/2009 )
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