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Au cœur de la NRF
Jacques Rivière   Valery Larbaud   Valery Larbaud & Jacques Rivière. Correspondance 1912-1924 - “Le Bénédictin et l’Homme de barre”
Editions Claire Paulhan 2006 /  30 € - 196.5 ffr. / 372 pages
ISBN : 2-912222-23-0
FORMAT : 16,0cm x 22,0cm

Édition originale – établie, annotée et introduite par Françoise Lioure.
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En 1912, La N.R.F. n’a que trois ans. Jacques Rivière fait partie de ses principaux animateurs. Secrétaire puis directeur (1920), il est au centre de toute la vie littéraire française pendant plusieurs dizaines d’années, et fréquente les plus grands écrivains. Parmi eux, Valery Larbaud, jeune homme né en 1881.

Il ne faut certes pas s’attendre à des révélations fracassantes. Les liens entre Rivière et Larbaud sont cordiaux, certes, mais leur amitié reste distante. Leur relation est essentiellement celle d’un directeur de revue avec l’un de ses principaux collaborateurs, nous transportant au cœur de la vie de La N.R.F. de ces glorieuses années. Au sein même de la revue, il ne fait pas partie du premier cercle, ignorant même naïvement les batailles que Rivière doit mener et les dissensions qui déchirent les milieux littéraires. Nous assistons à la genèse d’Amants, heureux amants, nous croisons Saint-John Perse, toujours réticent à la publication de ses poèmes, ou Joyce que Larbaud traduit et fait connaître par des conférences. Car Larbaud est également un infatigable voyageur, tantôt en Italie, tantôt en Angleterre, jamais son adresse n’est la même dans deux lettres successives. Il collabore à des journaux lorsqu’il se retire en Espagne. Ces incessants déplacements en font un bon connaisseur des mouvements intellectuels qui se développent alors en Europe. Il en fait profiter la revue par des traductions, des notes de lecture ou des comptes rendus, et fait ainsi connaître bien des auteurs étrangers au public français.

Une grande partie des lettres étaient inconnues et, par cette publication, toutes prennent un relief nouveau grâce à leur mise en relation. Mme Lioure, professeur à l’Université Blaise Pascal de Clermont-Ferrand, éditrices des correspondances de Valéry Larbaud avec Marcel Ray (Gallimard, 3 vol., 1979-1980) et André Gide (Gallimard, 1989) ainsi que de nombreuses études (articles, édition d’actes de colloques…) sur l’écrivain, en donne ici une édition qui se fonde sur les originaux conservés aux Bibliothèques Municipales de Vichy et de Bourges. Le travail est presque parfait : tout juste peut-on regretter qu’elle tende parfois vers une étrange édition diplomatique assez bâtarde. Au lieu de relever les variantes, les passages biffés sont laissés dans le texte ; les textes soulignés dans le manuscrit le restent dans le livre pourtant typographié : ces choix rapprochent l’édition du fac-simile et ont tendance à nier le travail de l’éditeur qui n’est pas censé reproduire le texte mais en donner une leçon qui fasse la part entre respect du texte et celui du lecteur. On regrette également que l’on ait choisi de placer les notes en fin de lettre. La lecture est interrompue et l’on doit parfois retourner deux voire trois pages en arrière pour reprendre là où l’on s’est arrêté. C’est d’autant plus regrettable que ces notes sont très bien faites et indispensables pour comprendre des lettres pleines de sous-entendus et de références à des personnes ou des événements inconnus.

Malgré ces détails, le travail d’édition est donc remarquable. Le texte est fort utilement accompagné d’annexes : un cahier de photos mêlent agréablement celles des principales personnes citées et celles des ouvrages de Larbaud (un esprit grincheux pourrait regretter qu’il n’y ait pas de photos des lettres elles-mêmes). Surtout, deux index des personnes et des œuvres citées concourent à faire de cet ouvrage un véritable outil de travail qui pourra être utilisé par les futurs chercheurs en histoire de la littérature.

Ajoutons que les livres des éditions Claire Paulhan sont très élégants. Leur papier légèrement teinté, leur typographie et la couverture à rabat participent à une agréable lecture et à la clarté du texte. Tout ceci concourt à faire de cet ouvrage une référence pour les chercheurs en histoire littéraire et une lecture passionnante pour ceux qui apprécient cette période de fort renouvellement littéraire. Ils pourront alors accompagner leur lecture des Notes pour servir à ma biographie du même Larbaud que les éd. Claire Paulhan viennent également de publier.


Rémi Mathis
( Mis en ligne le 07/04/2006 )
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