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Littérature  ->  Essais littéraires & histoire de la littérature  
 

Pitreries universitaires
Sarah Vajda   Gary and Co
Editions Infolio 2008 /  23 € - 150.65 ffr. / 332 pages
ISBN : 978-2-88474-141-5
FORMAT : 14,5cm x 20,5cm

L'auteur du compte rendu : Essayiste, romancier, Jean-Laurent Glémin est titulaire d’un troisième cycle en littérature française. Ayant travaillé notamment sur les sulfureux Maurice Sachs et Henry de Montherlant, il se consacre aujourd’hui à l’écriture de carnets et de romans. Il n’a pas publié entre autres Fou d’Hélène, L’Imprésent, Fleur rouge, Chair Obscure, Continuer le silence.
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A lire la notice biographique de l’auteur, Sarah Vajda, on comprend vite, et dès les premières pages, où va nous mener cet essai sur l’œuvre et la vie de Romain Gary (1914-1980). Le statut de Docteur ès sciences du langage (EHESS) annonce la couleur de la modernité critique et universitaire. Déjà que les docteurs ès lettres nous faisaient peur, comme si les mots devaient être soignés (au sens médical, au bistouri, et non par leur style), maintenant on opère le langage à cœur ouvert avec transfusion, charcuterie, sang qui gicle, bref en pulvérisant la structure narrative dite classique, l’université devenant depuis trente ans le bloc opératoire de la recherche actuelle. On est cultivé mais on parle en outre «jeune, branché et rebelle», relativisme oblige…

Cet essai ne renseignera pas sur l’œuvre et même l’existence de Gary, pas plus que sur le contexte culturel et politique qui l’a occupé durant près d’un demi siècle. Chercheuse appliquée, ce Docteur du langage a commis, comme on le présageait, une espèce de délire interprétatif écrit sur la base d’une déstructuration du langage, mêlant Racine (pas le chanteur, le dramaturge, précise-t-elle) et Sollers en passant par Montherlant, Beigbeder ou Marc Edouard Nabe. Une énumération de références littéraires sans la moindre soupape critique ou contextuelle !

Les exemples pittoresques sans le moindre intérêt littéraire affluent ici sous le style de l'auteur qui, bien que connaissant la plume des uns et des autres, reste incapable de sortir de son ego, cultivant la verve rebelle ou documentaire, mais restituant un condensé indigeste de toutes les banalités théoriques qui gouverneraient une œuvre mais qui ne la font pas. Entre biographie, citations, analyse et histoire littéraire, ce patchwork universitaire est tout simplement inintéressant quand il n’est pas illisible. Il ne suffit pas de citer Kleber Haedens pour montrer qu’on est cultivé. Il faudrait aussi expliquer pourquoi il méprisait Gary. Jean Seberg, quant à elle, est expédiée, outrageusement schématisée quand elle n’est pas réduite à l'état d'objet vulgaire car Vajda, en postmoderne y va même du langage châtié (comme son retentissant «casser les couilles» en début d’ouvrage.) à son encontre. Facile d’expédier en dix lignes le destin funeste de l’actrice perdue, un paragraphe dans lequel il semble préconisé d’écrire sèchement et de teinter son propos de gentilles provocations, de romantisme fade et d’ironie mordante.

Vajda part du principe que son lecteur connaît l’histoire littéraire de son pays et multiplie les raccourcis, les jugements hâtifs, les présupposés inexistants ou sa verve critique. En 330 pages, on passe de Hitler à Charles Bronson (l’acteur du Justicier dans la ville, pour les profanes !) en passant par Patrick Dewaere et Klaus Nomi ! Ces deux derniers sont à explorer dans un autre contexte ; on les voit mal dans l’univers de Gary. Passons. Un exemple du style de l'auteur, à la page 200 : «A la maison, la gerbe. Jean répond aux paparazzi. A cœur joie. A en veux-tu en voilà répandant l’annonciation, l’évangile, éventant le secret de la conception, les journaux à l’envi vomissent photos et ragots. C’est pour un généreux trop peu d’être gogo, il faudra à Gary encore souffrir mille maux !»

La science du langage propose donc une nouvelle exploration littéraire teintée de stylistique à outrance, de formalisme bourdonnant et de figures de style percutantes. Soit. Proposons à nos lecteurs une science de la lecture où l’on pourra lire ce livre de diverses façons : en diagonale, à l’envers, en commençant par la fin, de droite à gauche, de bas en haut, etc. Et finir par reprendre plus sainement Gary tout seul!


Jean-Laurent Glémin
( Mis en ligne le 23/01/2009 )
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