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L’énigmatique Lettre de Lord Chandos
Pierre-Antoine Huré   Savons-nous lire Hofmannsthal ? - La Lettre de Lord Chandos cent ans après
Klincksieck - Germanistique 2004 /  14 € - 91.7 ffr. / 116 pages
ISBN : 2-252-03477-7
FORMAT : 14x24 cm
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La Lettre de Lord Chandos, écrite par Hugo von Hofmannsthal en 1902 et publiée la même année dans une revue berlinoise, est un court texte qui n’en finit pas de susciter des commentaires depuis un siècle. Il s’agit de la lettre d’un noble anglais, Lord Chandos, adressée à Francis Bacon, en 1603. Lord Chandos est un jeune écrivain qui adresse cette lettre à son ami pour se justifier d’un silence littéraire qui dure depuis deux ans. Il y explique pourquoi il ne peut plus écrire : aucune langue ne peut plus exprimer ce qu’il veut dire.

Pierre-Antoine Huré se propose de faire le point sur les commentaires produits depuis un siècle sur cette dizaine de pages afin d’en établir le véritable sens. Il commence donc par passer en revue les différentes interprétations pour dégager les principaux problèmes et y apporter une réponse définitive (cette partie est modestement intitulée : «les questions en suspens et leurs solutions»).

La question qui semble avoir taraudé les commentateurs depuis un siècle est celle de la dimension autobiographique de l’œuvre. De longues discussions (qui apparaîtront un peu vaines au lecteur profane) ont été consacrées à essayer de déterminer la part de la fiction et celle de la «confession» (mot qu’emploie Hofmannsthal dans une lettre à un ami pour qualifier ce texte). P.-A. Huré souligne que les deux ne sont pas incompatibles.

Par ailleurs, l’écriture de cette lettre correspond à un moment d’interrogation pour Hofmannsthal, lequel a souvent été qualifié de «crise du langage» chez l’écrivain. P.-A. Huré s’applique à démontrer qu’il ne s’agit nullement d’une rupture brusque mais d’une évolution chez l’auteur. Il cherche à démontrer que c’est le moment où Hofmannsthal s’apprête, après plusieurs années de création poétique, à se tourner vers le théâtre.

Après ces quelques mises au point, P.-A. Huré nous dévoile sa propre lecture de l’œuvre. Il propose tout d’abord une approche «musicale» de la Lettre, assimilant le texte à une partition. Puis une partie intitulée «comprendre» explique la filiation du texte avec les Ennéades de Plotin. Enfin, la partie «interpréter» établit que le texte constitue tout entier une adresse et un hommage à Shakespeare. Le cadre temporel choisi – l’époque élisabéthaine – renvoie au célèbre dramaturge. La date de la lettre, 1603, est aussi celle du premier état connu d’Hamlet. L’un des quelques portraits de Shakespeare est nommé «portrait de Chandos» : le personnage de Chandos renverrait donc à la fois à Hofmannsthal (qui est tourmenté par les mêmes interrogations que lui) et à Shakespeare. Le destinataire de la lettre, Francis Bacon, adepte des codages, serait là pour attirer l’attention du lecteur sur le fait que l’œuvre est cryptée. Le message serait donc l’annonce que Hofmannsthal se tourne vers le théâtre après plusieurs années de création poétique.

La démarche de P.-A. Huré est intéressante et convaincante. Elle ne nous persuade en revanche pas (ce qu’elle souhaite pourtant ardemment) que toutes les autres lectures de ce texte deviennent, après son étude, définitivement inutiles. On s’étonne de la présomption qui consiste à affirmer qu’on vient mettre un point définitif à toutes les interprétations et on s’explique difficilement le mépris professé à l’égard de tous les autres commentateurs de l’œuvre.


Cécile Obligi
( Mis en ligne le 24/01/2005 )
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