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Littérature  ->  Essais littéraires & histoire de la littérature  
 

La contrainte féconde :
naissance d’une idée
Jacques Bens   Genèse de l'Oulipo - 1960-1963
Le Castor Astral 2005 /  19 € - 124.45 ffr. / 317 pages
ISBN : 2-85920-593-4
FORMAT : 14x21 cm

L'auteur du compte rendu : Rémi Mathis est élève à l'Ecole Nationale des Chartes. Il prépare une thèse sur Simon Arnauld de Pomponne sous la direction d'Olivier Poncet (ENC) et Lucien Bély (Paris IV).
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Le Castor Astral est en passe de devenir un des principaux éditeurs des oulipiens. La petite maison de Bordeaux a déjà réédité en début d’année Le Voleur de nostalgie d’Hervé Le Tellier ; elle nous propose aujourd’hui une nouvelle édition du livre de Jacques Bens : L’Oulipo 1960-1963.

A partir de la fin de l’année 1960 se réunissent, environ une fois par mois, dix personnes qui ont en commun de s’intéresser à la littérature et aux mathématiques. Rattaché au collège de ‘Pataphysique, le groupe prend rapidement le nom d’Ouvroir de Littérature Potentielle. Leur postulat peut se résumer par la phrase de Queneau : «Il n’y a de littérature que volontaire». La volonté est alors de rationaliser la littérature en s’inspirant de procédés mathématiques, d’inventer de nouvelles formes parfaitement contrôlées en s’imposant de fécondes contraintes touchant le langage.

Ce volume n’est pas tant une monographie qu’un recueil de documents d’histoire littéraire : il n’a été rédigé par Jacques Bens que parce que ce dernier était secrétaire du tout jeune groupe qui se formait autour de Raymond Queneau et de François Le Lionnais. Que le lecteur ne cherche donc pas ici une histoire raisonnée des débuts de l’Oulipo ou un ouvrage d’histoire littéraire. Si l’on peut suivre la naissance, la formation, les idées, les doutes, les avancées de l’Oulipo, ce n’est que par les yeux de ses membres eux-mêmes. Cela donne une couleur très particulière à ce livre, cela en fait un témoignage capital pour l’étude de la littérature du XXe siècle et lui donne tout son prix.

Ces comptes-rendus étaient des documents purement internes qui n’étaient nullement destinés à la publication. Tout juste les oulipiens décidèrent-ils de les faire parvenir aux correspondants étrangers afin que ces derniers puissent suivre les travaux du groupe. Cela donne donc à ces comptes-rendus un caractère d’authenticité laissant transparaître l’ambiance, l’atmosphère des réunions. Car si chacun communique ses recherches, tente de retrouver des «plagiaires par anticipation» ou de cerner les limites de la littérature potentielle, le caractère agréable de la lecture provient également du pittoresque et de la fantaisie de l’organisation (des remarques sur le manque de rigueur de la prise des notes destinées à la rédaction des comptes-rendus ne sont d’ailleurs pas épargnées à Jacques Bens). Peu à peu s’élabore un corpus de contraintes, des idées apparaissent, des contacts sont pris avec des linguistes, des informaticiens ou des mathématiciens ; on suit les difficultés du groupe à obtenir des ordinateurs afin de traiter statistiquement des textes ; on sourit aux jeux de mots et excentricités ‘pataphysiques.

Les documents sont bruts : il n’y a nulle tentative de lisser les comptes-rendus ou de les rendre plus lisibles, si ce n’est quelques notes de bas de page destinées à éclaircir des points obscurs. En revanche, l’ancienne édition a été augmentée d’annexes afin de mieux remettre le mouvement dans son contexte. Ce travail a été effectué par Jacques Duchateau, un des derniers membres-fondateurs vivants, qui signe une intéressante préface ainsi qu’une postface dédiée au devenir de l’Oulipo depuis cette période. Surtout, une idée est particulièrement heureuse : celle de donner à lire les textes qui apparaissent fugitivement dans les comptes rendus et dont il est dit qu’ils sont versés aux archives de l’Oulipo. Sans vouloir faire une anthologie, ces exemples permettent au lecteur de satisfaire sa curiosité et illustrent utilement les communications des oulipiens.

A une époque où l’Oulipo s’est considérablement renouvelé, où avoir accès à un ordinateur n’est plus un problème, où les jeux langagiers du groupe ont été largement diffusés par les Papous de France-Culture, il était bon de faire un retour sur sa genèse : époque où l’on se cherche, où l’on doute mais également époque d’une fécondité unique et qui a donné le jour à ce qui manque à bien des auteurs d’aujourd’hui : une véritable théorie littéraire.


Rémi Mathis
( Mis en ligne le 26/09/2005 )
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