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Cherchez la femme
Brigitte Aufort   Agatha Christie - Parcours d'une oeuvre
Encrage - Références 2005 /  15 € - 98.25 ffr. / 239 pages
ISBN : 2-251-74127-5
FORMAT : 13,0cm x 20,0cm
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Si l’ouvrage est sous-titré «parcours d’une œuvre», de même que la plupart des livres à ce jour parus dans la collection, la considérable production littéraire d’Agatha Christie est abordée et analysée à travers le prisme de la personnalité non seulement remarquable mais aussi attachante de l’auteur a succès britannique. Par cette perspective résolument biographique, Brigitte Aufort entend éviter tant l’écueil de l’éloge dithyrambique que celui du mépris intellectualiste réducteur, qui hélas manque rarement de pointer son nez lorsque de romans policiers il est question.

Elle part en effet d’un constat simple : Lady Agatha n’a jamais prétendu rivaliser avec ses idoles de jeunesse, dont elle dévorait les titres étant petite (on pense bien sûr à Edgar Allan Poe), elle n’a pas prétendu avoir une plume hors du commun. Ne se prenant pour rien au monde au sérieux, elle ne cesse de revendiquer le caractère amateur de sa vocation de romancière, et se contente simplement de profiter de l’agrément que la lecture de ses intrigues cause à ses lecteurs pour remédier à ses perpétuels soucis financiers. De fait, les seuls livres à la rédaction desquels elle ait pris un réel plaisir ne sont pas ceux qui ont fait sa célébrité, mais des sortes de longues déambulations littéraires à l’eau de rose qu’elle publiera sous un pseudonyme, Mary Westmacott. L’écriture du roman policier est un exercice, auquel elle se livre avec une énergie méthodique et une grande détermination, mais non sous le coup d’une de ces pulsions irrésistibles qui saisissent les vrais écrivains, selon elle.

Par là même, le style Christie ne peut être jugé selon des critères artistiques, et la passion des belles phrases est assez inutile (voire nocive) si l’on veut en entreprendre l’analyse. Balayant ici sans remords les études antérieures sur l’esthétique christienne, B. Aufort se contente de mettre en avant le style clair d’A. Christie.

Par delà la nouveauté de l’approche critique, intéressante, on pourra regretter une certaine lacune de l’analyse littéraire et linguistique proprement dite, due à cette volonté de mettre en avant la subjectivité de l’écriture d’Agatha Christie. Que celle-ci n’ait pas souhaité se positionner sur un plan littéraire n’empêche pas son œuvre d’être parmi les plus lues, et l’on ne peut donc refuser d’étudier les raisons d’un tel engouement. Si Brigitte Aufort retourne cet argument à la faveur d’A. Christie, affirmant que le succès est tout de même un critère, c’est une façon quelque peu démagogique d’éviter la polémique et de se réfugier dans quelques banalités laudatives au sujet de la capacité innée de l’auteur à utiliser des clichés psycho-sociaux pour créer une ambiance dans laquelle elle développe magistralement des énigmes d’une finesse diabolique et d’une précision scientifique.

En réalité, B. Aufort n’évite pas de prendre parti (en l’occurrence bien évidemment en faveur d’A. Christie), elle tente simplement de relativiser la portée d’un tel engagement, et de mieux définir les termes dans lesquels peut se légitimer une mise en avant de la supériorité de la «femme à qui le crime à le plus rapporté depuis Lucrèce Borgia», ce qui la conduit malheureusement un peu à «oublier» le centre du débat pour se contenter de mieux le structurer, ou tout du moins de le restructurer.

C’est la raison pour laquelle ce livre a non seulement bien souvent le ton, mais également le format d’un essai d’opinion (quoique très documenté, là n’est pas la question), et non d’une thèse de littérature : la partie réellement rédigée est assez courte (132 pages), et l’ouvrage doit son épaisseur relative à une très longue et très détaillée bibliographie, dont celle des œuvres elles-mêmes d’Agatha Christie, qui reprend chacun des romans (policiers ou non), des pièces de théâtre, des poèmes publiés par l’auteur, et les résume (avec à chaque fois deux versions, dont une destinée à préserver le mystère quant à la résolution de l’énigme). L’éclectisme des livres pris en compte traduit la volonté de chercher «Agatha» dans son œuvre, et de voir en quoi cette œuvre est un tout qui reflète la personnalité d’une femme très particulière, plutôt que de se lancer dans le seul débat littéraire plausible – et existant - en ce qui concerne cet auteur, à savoir la question de la valeur de ses romans policiers.

Intellectuellement stimulant, il manque cependant au livre de Brigitte Aufort, pour être en mesure de se positionner en tant qu’ouvrage de référence (mais est-ce une perspective obligée ? rien n’est moins certain), un désir de profondeur quand il faut se prononcer sur le contenu même de la polémique ayant trait à Agatha Christie : qu’on le veuille ou non, l’auteur peut difficilement s’effacer derrière la femme...


Aurore Lesage
( Mis en ligne le 22/11/2005 )
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