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Haine des origines
Thomas Bernhard   Goethe se mheurt
Gallimard - Du Monde Entier 2013 /  13.50 € - 88.43 ffr. / 115 pages
ISBN : 978-2-07-013771-8
FORMAT : 11,7 cm × 18,7 cm

Daniel Mirsky (Traducteur)
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Né en 1931 à Heerlen aux Pays-Bas, Thomas Bernhard fut l'auteur de pièces jouées dans de nombreux pays et en France à partir de 1960. Il a obtenu en 1970 le prix Georg Büchner, la plus importante récompense littéraire d'Allemagne occidentale. Il meurt en 1989 à Gmunden (Autriche).

Auteur d'articles, de recueils de poésie, d'une trentaine de textes en prose et de nouvelles, et d'une vingtaine de pièces de théâtre, dont Le Neveu de Wittgenstein (1982), Le Naufragé (1983) ou Maîtres anciens (1985), Thomas Bernhard s'est révélé comme un écrivain virulent, critiquant l'Autriche et les Autrichiens avec une rare violence. Son parcours est émaillé de scandales. La pièce Avant la retraite (1979) décrit un juge allemand célébrant l'anniversaire de Himmler en cachette, un personnage évoquant le ministre-président du Bade-Wurtemberg. L'Origine est attaqué en diffamation en 1976 par un prêtre de Salzbourg qui se reconnaît dans le personnage de l'oncle Franz. Le roman Des arbres à abattre (1984) est confisqué à la suite d'une plainte en diffamation. Bernhard ira jusqu'à demander que ses œuvres soient retirées des librairies autrichiennes.

Les nouvelles réunies dans Goethe se mheurt témoignent à la fois du style de Thomas Bernhard et de la virulence de ses écrits. Le premier texte, Goethe se mheurt, évoque l’agonie de Goethe. Le second, implacable, intitulé Montaigne, Un récit, met en scène la haine d’un fils contre ses parents, fils qui se réfugie dans la lecture de Montaigne. «Car tous les matins, nous sommes obligés de nous rappeler que nous sommes le fruit terrible de la démesure de nos parents, qui nous ont engendrés dans une véritable mégalomanie procréatrice, nous jetant dans ce monde toujours plus atroce et répugnant que réjouissant et utile» (p.49). Retrouvailles décrit aussi la haine d’un homme envers ses parents. «Les parents engendrent des enfants et consacrent toute leur énergie à les détruire, lui dis-je, mes parents exactement comme les tiens et comme tous les parents du monde» (p.90).

Enfin, Parti en fumée. Carnet de voyage pour un ami d’autrefois s’attaque directement à l’Autriche avec une haine féroce. «J’ai rêvé de l’Autriche de manière aussi intense parce que je m’en suis enfui, j’ai fui ce pays qui est le plus laid et le plus ridicule du monde» (p.111). Ou encore : «par rejet de cette Autriche je n’avais plus été en mesure d’avaler la moindre bouchée, la moindre gorgée. Où je regardais, je ne voyais que laideur et vilenie, une nature laide, fausse et vile, et des gens laids, vils et faux, je ne voyais que la saleté et la vilenie et la sournoiserie absolues des gens» (p.113).

Mais mêmes s'ils sont remarquablement écrits, des phrases longues et creusées au rythme lancinant, ces textes posent problème par la radicalité de leur haine, sans nuances ni véritablement d'exemples concrets. Une telle haine n'est-elle d'ailleurs pas, comme souvent, une sorte admiration cachée ?... L’Autriche ou les parents deviennent des boucs émissaires faciles du seul fait qu’ils sont parents et autrichiens. Cracher sur un drapeau, disait Romain Gary, est encore lui donner de l’importance, là où l’on prétend le réfuter et le bannir, le répudier à jamais.

Là est toute l’ambivalence de ces textes et une contradiction chez l’auteur, admirateur de Montaigne qui, lui, ne versa jamais dans de telles diatribes.


Yann Leloup
( Mis en ligne le 15/11/2013 )
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