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Le nain, le tubar et le serial killer…
Monte Schulz   Sur l'autre rive du Jourdain
Phébus - Littérature étrangère 2011 /  21 € - 137.55 ffr. / 354 pages
ISBN : 978-2-7529-0493-5
FORMAT : 14cm x 20,4cm

Marie-Odile Fortier-Masek (Traducteur)
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L’Amérique profonde quelques mois avant la grande crise de 1929 ; sur la route, trois personnages dont le moins que l’on puisse dire est qu’ils sont particulièrement truculents : Alvin, d’abord, le héros du livre, un jeune paysan de 19 ans, tuberculeux, en rupture de famille et préférant tout plutôt que d’envisager de retourner à son destin tout tracé de fermier ; il ouvre de grands yeux naïfs et presque admiratifs lorsqu’il rencontre Chester Burke, séducteur des marathons de danse, qui lui propose un travail plus mystérieux que malhonnête ; le troisième larron apparaît par hasard sur la route d’Alvin, c’est Rascal, un nain cultivé et mythomane, attachant et énervant au possible.

Le livre se présente comme un banal journal de voyage, avec une ville des États-Unis en titre de chaque chapitre ; il commence comme On achève bien les chevaux, au milieu d’un marathon de danse en Illinois, et se termine dans le Missouri, au sein d’un cirque où monstres au grand cœur côtoient écuyères de petite vertu. Entre temps, on aura cambriolé une banque, en liquidant le caissier récalcitrant, violé et tué une jeune fille au grand cœur et son père, réglé son compte à un pasteur peu coopératif, écumé quelques maisons et éclaboussé de sang quelques paysages, le tout au volant de la légendaire «Packard» de Chester le psychopathe. Le cirque où échouent nos trois héros apparaît comme la destination finale de ce voyage au bout de la nuit, où l’un rencontrera l’amour, l’autre le désir de retrouver les siens, et le troisième la fin du chemin…

Atmosphère étrange, sombre et échevelée, digne quelquefois des frères Coen (nous dit la quatrième de couverture), qui ne nous entraîne cependant pas complètement dans le sillage de nos trois lascars… On dirait parfois que l’auteur a, d’une part, étiré des scènes en longueur, qui n’apportent pas grand-chose ni à l’intrigue ni à l’atmosphère (en particulier une scène de spiritisme au milieu du livre), et d’autre part a omis de laisser complètement aller son imagination sur le chemin de la folie qu’on pensait deviner aux premières pages du livre. Premier volet d’une trilogie annoncée sur l’Amérique des années 1920-1930, ce livre est cependant très agréable, décapant et dépaysant, mais il aurait pu aller plus loin dans la démesure.

«Leur périple était devenu bien morbide et étrange, depuis qu’ils avaient quitté Hadleyville, se disait Alvin dont le cœur recommençait à se serrer. Un lacis de détours, de marches arrière, de vieilles routes où ils étaient les seuls à s’aventurer. Ce soir ou demain, ce serait l’Iowa. Une semaine plus tard, ce serait l’Oklahoma, ou, qui sait, à nouveau le Nebraska. Chester avait passé son été à se fondre parmi ces gens et à prendre la vie de ceux qui avaient eu le malheur de croiser son chemin, tel un ange des ténèbres du Jugement dernier. Alvin savait que son âme avait été souillée par sa complicité et qu’aucune excuse aux familles des victimes ne le rachèterait» (p.183).

Monte Schulz est né en 1951 dans le Minnesota. Son père n’est autre que Charles Monroe Schulz, le créateur des Peanuts. En 1990, Monte Schultz publie son premier roman, Down the River, puis se consacre pendant douze ans à la composition d’une trilogie sur les années 1920-1930, époque glorieuse du jazz, dont Sur l’autre rive du Jourdain est le premier volet. L’écrivain vit en Californie, non loin de Santa Barbara.


Michel Pierre
( Mis en ligne le 09/11/2011 )
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