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Qui trop embrasse mal étreint
James Ellroy   Perfidia
Rivages - Thriller 2015 /  24 € - 157.2 ffr. / 834 pages
ISBN : 978-2-7436-3258-8
FORMAT : 15,5 cm × 22,5 cm

Jean-Paul Gratias (Traducteur)
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"Quand vous ne savez pas, pensez grand" (J. Ellroy à ''La Grande librairie'', 2015)


James Ellroy est peut-être l'écrivain américain contemporain le plus lu en France : Le Dahlia noir (1987), L.A. Confidential (1990), American Tabloïd (1995), Ma part d'ombre (1997)... autant de romans noirs solides et efficaces dont le cinéma s'est également inspiré. Auteur de polars, puis de politique-fiction, l'écrivain a dérivé vers une vision plus anthropologique du monde, faisant passer une œuvre de sous-genre littéraire à une dimension quasi balzacienne ; avec toujours une obsession pour les crimes crapuleux et sexuels. L'homme est un écrivain de la grande tradition, un travailleur acharné, solitaire et torturé qui n'a pas renié le style propre aux romans policiers.

Le dernier roman de Ellroy, qui n'échappe pas à la règle, est le premier volet d'une (seconde) quadrilogie sur Los Angeles. L'action se situe avant Le Dahlia Noir, durant l'attaque de Pearl Harbor par les "Japs", le 7 décembre 1941. Les protagonistes sont confrontés à la petite histoire (l'exécution d'une famille japonaise, maquillée en suicide) comme à la grande (l'attaque de Pearl Harbor), entrainant à la fois un bouleversement intime et international chez les personnages récurrents du romancier : Smith, Lake, Parker, Dudley, Ashida se croisent et s'entrecroisent dans un manège malsain et intriguant, sous fond d'ambition personnelle, de débauche sexuelle, de racisme anti-japonais, avec crimes sanglants, rebondissements policiers et stars hollywoodiennes.

Ellroy se veut le mémorialiste précis et viril de ce Los Angeles qui lui a tant apporté (et pris également, sa mère notamment) tout en n'échappant pas au genre du roman noir (avec son cortège de pourris corrompus, de flics dégueulasses et de poules arrivistes). Le style est celui propre au roman policier avec, aussi, une dimension historique. L'auteur prend son temps pour dévoiler ce qui se manigance autour d'une brochettes de personnages influents.

Les intrigues – comme les personnages – foisonnent, dans un style très froid, très américain, une tonalité directe et souvent populaire. Les dialogues vont à coups de "fuck-off" et autres délicatesses, et la narration, ultra clinique, décrit les mœurs puis l'enquête sur l'assassinat de la famille Watanabe, le tout sur fond de Guerre mondiale.

Si l'entreprise est importante et fidèle à la carrure de l'auteur (ambition littéraire, travail fou, vision cynique du monde), l'intrigue et son développement peinent davantage que dans d'autres titres. Ellroy a voulu faire grand et a fait trop imposant. Le lecteur, s'il appréciera cette entreprise littéraire d'envergure balzacienne, pourra aussi se noyer dans ce pavé de 800 pages racontant 23 jours de la vie de flics pourris, de voyous attachants ou de scientifiques intègres à travers un déluge de chapitres, de dialogues, de faits qui s'enchainent sans forcément trop de cohérence apparente. Le fil est vite perdu, même si on le retrouve plus tard dans d'autres chapitres s'occupant de traiter d'autres personnages.

Ellroy, habitué aux mécanismes romanesques, s'est peut-être laissé aller à écrire 300 pages de trop, malheureusement sans ce génie du polar qui a fait sa réputation depuis 30 ans. On retrouve néanmoins un univers et un style plaisants, explorant les tréfonds et la pourriture de nos sociétés modernes, corrompues par l'argent, le sexe et la violence.


Jean-Laurent Glémin
( Mis en ligne le 19/06/2015 )
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