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Carrément à l’Ouest
Luke Short   Ciel rouge
Actes Sud - L'Ouest, le vrai 2016 /  22,50 € - 147.38 ffr. / 256 pages
ISBN : 978-2-330-06911-7
FORMAT : 14,7 cm × 24,0 cm

Arthur Lochmann (Traducteur)

Bertrand Tavernier (Postfacier)

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Il faut saluer l’initiative de Bertrand Tavernier qui propose et dirige chez Actes Sud une série intitulée «L’Ouest, le vrai». Forte d’une douzaine de publications à ce jour, cette série permet de découvrir des auteurs méconnus en France et qui ont produit des ouvrages, parfois de manière prolifique, dans le genre typiquement américain du «Western».

Frederick Dilley Glidden (1908-1975), après des études de journalisme et l’accumulation de métiers aussi divers que trappeur, assistant archéologue ou bûcheron, se lance dans l’écriture dans les années 30. Il (ou on lui) choisit le pseudonyme Luke Short «un cow-boy, homme de main, joueur, éclaireur dans l’armée». Le nom et le ton sont donnés. Il publiera «cinquante romans et deux fois plus de nouvelles». Certains de ses romans seront portés à l’écran et notamment Ciel rouge (Blood on the moon).

Ecrit dans les années 40, le roman a pour cadre Sun Dust, une petite ville du Colorado entourée par des montagnes, un décor âpre et rude. Sun Dust devient le théâtre d’affrontements entre grands propriétaires terriens, ranchers et colons, ce qu’on a communément appelé les «range wars» ou «guerre des prairies» et qui étaient, à l’époque, monnaie courante. Des agents fédéraux, souvent véreux, en sont aussi des acteurs et intermédiaires car ils sont chargés par le gouvernement d’alimenter en bétail les réserves indiennes.

Jim Garry, sorte de mercenaire, de cow-boy timide qui «avait aussi bien conscience de sa solitude que de son incapacité à y remédier», répond à l’appel d’un ancien comparse, Tate Riling qui le rappelle à Sun Dust. Garry ayant, des années plus tôt, perdu son troupeau, vit désormais d’expédients et de magouilles : «des petits boulots de convoyeur et des bagarres… changer le marquage des chevaux, trafic de whisky avec les Indiens et, pour finir, passer des petits troupeaux en contrebande au Kansas pendant la quarantaine imposée par la fièvre». Riling et l’agent fédéral Pindalest ont imaginé une arnaque au bétail contre l’éleveur et propriétaire terrien John Lufton ; ils ont manipulé les ranchers pour les mettre de leur côté. Riling a besoin de Garry pour entreprendre les négociations avec Lufton.

Ce qui pourrait n’être qu’un western classique, glisse lentement vers le film noir. Des décors hostiles, une ambiance crépusculaire, des personnages violents, voire sadiques, remplis de haine et de désir de vengeance, et d’autres qui, comme Garry, aspirent à une autre vie, un pardon pour «se racheter de tant de choses du passé». Autre particularité, Luke Short nous campe, en les filles de Lufton, des personnages de femmes indépendantes, intelligentes, entières et qui sont partie prenante de l’intrigue. Carol «consciente de sa grande beauté... peut se permettre d’afficher un léger mépris pour les hommes» : elle est pourtant attirée (et utilisée) par Riling et prête à trahir son père par amour. Amy, après une première rencontre houleuse avec Garry, le mènera sur le chemin de la rédemption.

Ce roman possède aussi de grandes qualités «cinématographiques» : mouvements rapides et violents, bruit des coups, atmosphère en demi-teinte, personnages sombres et tragiques, notamment dans les scènes (particulièrement nombreuses) de bagarres sans merci : «Les deux hommes se firent alors face, à quelque distance l’un de l’autre, chacun reprenant son souffle par de grandes aspirations. Ce fut à ce moment-là que Jim regarda par dessus l’épaule de Riling et vit Riordan entre les deux portes battantes. Son petit visage plongé dans l’ombre, maigre et malicieux, souriait presque. Son arme était braquée sur le barman qui se tenait dans l’encadrement de la porte menant au hall. Riling revint alors à la charge, envoyant de grands coups de poing que Jim ne put amortir. Ils le percutaient à la poitrine et à la tête, faisant vibrer chacune de ses vertèbres mais Jim gardait toujours à l’esprit que Riling devait rester dos à Riordan».

Grâce à la série «L'Ouest, le vrai», découvrons ce genre, le «western», qui ne nous est pas familier mais nous permettra d’apprécier l’atmosphère particulière des grands espaces américains. Ce roman a été adapté au cinéma par Robert Wise en 1951 avec Robert Mitchum dans le rôle de Jim Garry.


Sylvie Koneski
( Mis en ligne le 21/12/2016 )
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