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L’Incompréhensible défaite du Sud (Jean Baudrillard)
William Styron   La Proie des flammes - Tomes 1 & 2
Gallimard - L'Imaginaire 2021 /  25 € - 163.75 ffr. / 816 pages
ISBN : 978-2-07-294658-5
FORMAT : 12,8 cm × 19,5 cm

Maurice Edgar Coindreau (Traduction)

Michel Butor (Préface)

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William Styron (1925-2006) est un écrivain américain important, injustement boudé par les médias littéraires actuels. En dépit d'un succès public et critique réel au moment de ses différentes publications, dont Un lit de ténèbres, Les Confessions de Nat Turner et Le Choix de Sophie, il semble en effet quelque peu oublié depuis sa disparition en 2006. Or le choix de ces thèmes, la force de ses évocations et la puissance de son style en font un écrivain de premier ordre.

La Proie des flammes (1960) est son troisième roman. Après Un lit de ténèbres et un court texte (La Marche de nuit), Styron poursuit une méditation sur le Mal le long de 800 pages suffocantes, qu’il sépare en deux parties formant en quelques sortes deux romans en un, dont l’aspect déchirant et incarné ressort en premier lieu. Leverett, le narrateur, revient sur un moment important de sa vie, à savoir la rencontre dans la province italienne, proche de Naples, de Mason, acteur charismatique et puissant qui le reçoit dans sa villa en compagnie de femmes somptueuses et de parasites en tout genre. De la comédie italienne (Mason tourne un film) en passant par le récit sociologique, le roman finit par un drame universel avec des raccords à la fois biographiques et géographiques (USA et Europe). En effet, l’acteur est retrouvé mort après qu’on a appris qu’il a violé et assassiné une jeune femme de ménage. Ce retour en arrière, prenant pour prétexte une enquête, permet d’édifier un grand et long roman sur le Mal, la culpabilité et la rédemption, opérés dans la tradition du roman sudiste américain mais cette fois-ci modernisé par des thèmes sulfureux tels l’alcool, la célébrité, la perversité, la pornographie, ou le jeu. On pense à Faulkner pour la mise en scène de ce drame, mais aussi Dostoïevski pour l’ampleur et la densité psychologique.

Cass, troisième personnage s’immisce au bout de 400 pages pour devenir à fois le centre de l’action du tome II et l’élément qui enfonce les personnages dans leur destinée tragique. Le tome I se concentre sur les souvenirs de Leverett lorsqu’il fréquentait l’univers de Mason. Styron est avant tout un conteur hors pair et ce roman fleuve ne déroge pas à la règle. Ces caractères vivants hantent le récit par leur véracité, autant que le lecteur, par les questions morales qu’ils soulèvent. Mason envoute et choque, dans une langue toujours très imagée ne respectant volontairement pas les codes académiques, pour rendre compte de la modernité. Leverett, conscience morale du texte, irrite quand Cass, personnalité torturée et alcoolique, montre toute la fragilité des êtres, qui plus est artistes pauvres et incompris.

Par sa dimension romanesque, sa langue variée et sa thématique universelle, La Proie des flammes est un roman âpre, extrêmement signifiant, au style variable, et totalement adapté à l’atmosphère voluptueuse et poisseuse des romans sudistes modernes. Le traitement par Styron du sexe nourrit sa mélopée de vérités amères et pourtant implacables, et structure le fond même de sa pensée. Il faut redécouvrir cet auteur mal connu, qui parle du trouble dans des romans formant une œuvre restreinte. Cette réédition de La Proie des flammes est une excellente initiative.


Simon Anger
( Mis en ligne le 06/09/2021 )
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