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Un livre, une œuvre
Jean de La Ville de Mirmont   Les Dimanches de Jean Dezert
La Table Ronde - La petite vermillon 2019 /  7,30 € - 47.82 ffr. / 232 pages
ISBN : 978-2-7103-8992-7
FORMAT : 10,7 cm × 17,8 cm

Suivi de L'horizon chimérique ; Autres poèmes ; Contes

François Mauriac (Préfacier)

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Ecrivain météorite à l'œuvre réduite, Jean de La Ville de Mirmont (1886-1914) doit sa survie posthume à son ami François Mauriac qui a signé la préface des Dimanches de Jean Dezert, court roman initiatique d'inspiration autobiographique. Dans cette nouvelle édition, le roman est suivi de L'Horizon chimérique, d'autres poèmes post-symbolistes ainsi que de plusieurs contes qui tranchent avec le célèbre roman.

Fonctionnaire transparent, parisien chez qui la promenade dans la capitale reste la seule échappatoire à la routine du travailleur, Jean Dezert vit simplement, acceptant le rituel qui le mène du travail à la maison et inversement. Mais Mirmont n'est pas Zola et refuse catégoriquement la description naturaliste de l'employé dépressif. Sur un mode comique et ironique, le texte épouse le point de vue cocasse et décalé d'un personnage dont l'absurdité de la condition reflète intimement celle de l'existence.

L'histoire d'amour qui commence aussi bêtement qu'elle se termine fait entrer ce roman démonstratif dans l'ère de la modernité. La guerre, symbole de la folie des hommes et d'une vie dénuée de sens, privera l'auteur d'une carrière littéraire en le tuant net à l'âge de 27 ans après qu'un obus l'engouffra sous terre. André Breton aurait pu citer cet ouvrage comme précurseur des surréalistes. Il en annonce à la fois la liberté de ton, des thèmes comme le hasard objectif ou la rencontre amoureuse dans Paris, la relative provocation des dialogues, la question du suicide, et la dimension métaphorique de l'acte surréaliste. Mais l'avait-il lu ?...

Préfigurant l'ère du roman allégorique, ironique à visée comique, Les Dimanches de Jean Dezert se lit avec intérêt, amusement et curiosité. Mais l'œuvre inachevée demeure bancale, parfois gratuite (de La Ville de Mirmont a-t-il eu le temps de reprendre son texte ?) ; et l'on se demande pourquoi rééditer cet auteur quand d'autres, plus importants, dorment toujours, et depuis longtemps, dans les bibliothèques, Pierre Bost notamment qui, dans un registre plus tragique, traitait avec douceur et intelligence la vie de petits fonctionnaires en proie à la solitude, au doute et à la tristesse.

De Mirmont, fauché en pleine jeunesse en 1914, a donc laissé à la postérité 200 pages dont un roman non dénué d'idées ni de talent. Cette destinée tragique et absurde épouse celle de Dézert, son double littéraire.


Jean-Laurent Glémin
( Mis en ligne le 18/07/2019 )
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