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Le roman de Dedans
Yann Moix   Orléans
Le Livre de Poche 2020 /  7,40 € - 48.47 ffr. / 264 pages
ISBN : 978-2-253-10178-9
FORMAT : 11,0 cm × 18,0 cm

Première publication en août 2019 (Grasset)
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Yann Moix nous fait partager une douleur intense, sa jeunesse devenue «profonde et puissante mélancolie», le chant triste des grands traumatisés dans la ville où il a grandi, qui a ruiné son âme et qu’il exècre pour le restant de sa vie.

Il avait évoqué jusque-là son drame d’enfant battu, quand il fut lacéré, giflé, humilié de maintes façons devant tout le monde. Ici, c’est le cœur du roman où le malheur est restitué en détails, comme si Moix vomissait une dernière fois la haine et la cruauté de sa famille, et tirait un trait, si c’est possible. Il dit ne plus pouvoir retourner à Orléans : il est difficile de savoir quel est le rôle exact de la ville dans son malheur d’enfant martyr.

Le récit est découpé en deux parties, «Dedans», entre les murs de l’appartement, et «Dehors», pour l’école, les amis rares et les amours balbutiantes. La première partie est très douloureuse à lire : Yann a été maltraité durant toute son enfance et son adolescence par un père violent et abruti, et une mère sans cœur. Il était l’enfant non désiré qu’on souhaite voir mort. Tortures, supplices, honte, atteinte physique et psychique, son enfance fut un calvaire barbare. Il est terrifié à longueur de journée ; son seul refuge est dans la littérature, les mots auxquels, dès son jeune âge, il voue une admiration sans borne. «Aucune catégorie de l’activité humaine, en dehors de la prière qui s’en nourrit, ne nécessite le malheur. A commencer par la création littéraire qui réclame ouverture aux autres et oxygène ; pollués par la mélancolie, nous produisons des œuvres qui sentent le renfermé, s’affaissant sous le poids de leur propre gravité».

Même si les romans de Gide furent brûlés et Yann traité de «tapette» par son père, même si Flaubert voltigea par la fenêtre, rien ne put arrêter son amour du Verbe. Mais tout était mis en place par ses parents pour saboter son avenir : ils lui font faire des études scientifiques, ce qu’il déteste.

La deuxième partie offre une respiration, le Dehors est moins terrible que le Dedans. Yann s’est construit envers et contre tout, même s’il n’a aucun succès avec les filles, puisque il a toujours peur d’être quitté. La veille de l’épreuve de maths au bac, il découvre Heidegger et pense qu’il lui correspond, séduit par ses obsessions, ses soucis, ses intérêts, des passions qu’il partage.

L’écriture est énergique, incisive, sans apitoiement, jamais larmoyante. l'homme résiste courageusement. Yann Moix est un amoureux des mots qui ont été des pansements et qui lui donnent maintenant sa force. Ce récit nous permet de comprendre l'envers du décors, chez cet écorché vif, souvent agressif dans ses propos.


Eliane Mazerm
( Mis en ligne le 05/10/2020 )
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