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Je suis, tu es, nous sommes
Laurent Herrou   Je suis un écrivain
Publie.net - Temps réel 2018 /  20 € - 131 ffr. / 240 pages
ISBN : 978-2-37177-556-5
FORMAT : 13,3 cm × 20,3 cm
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Après la parution de son premier livre (Laura, Balland, 2000), Laurent Herrou a été pensionnaire d’une résidence d’artiste, dans un petit village français. Pendant un mois, il bénéficiait d’une bourse et d’un logement. Il pouvait écrire. Sans contrepartie. Tout au plus, la personne responsable de cette résidence attendait-elle de lui qu’il tisse avec les villageois quelques liens…

Mais dès l’instant où le narrateur annonce à ses proches qu’il a obtenu cette résidence, il comprend que la relation qu’ils entretiennent à l’artiste est confuse, complexe. On ne sait pas ce que c’est qu’un écrivain, comment ça fonctionne. Du coup, il est soit ignoré, soit raillé, parfois méprisé. De cette expérience, qui pourrait paraître anecdotique, Laurent Herrou tire une véritable réflexion sur la place de l’artiste dans la société, sur le rapport à l’art, sur le regard que peut aussi porter le créateur sur le monde qui l’entoure. «C’est compliqué le rapport à l’art ? Oui. C’est encore plus compliqué le rapport aux artistes». Qu’est-ce que l’écriture, quelle est sa fonction, quel sens lui attribue-t-on ? Dans ces questionnements, Je suis un écrivain rappelle ''L’Albatros'', poème à la fin duquel Baudelaire décrivait la condition du poète :

«Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l’empêchent de marcher»
.

Comment un auteur peut-il entrer en contact avec ses contemporains, quand il n’a pas ses mots, ou quand ses mots, écrits, ne peuvent pas être le vecteur de cette rencontre ? L’artiste est comme désœuvré. «Le prince des nuées» devient maladroit, malhabile : «Je ne savais pas comment faire. Je ne savais pas comment les approcher, je ne savais pas ce qu’il fallait dire» Se pose la question de la force des mots, de leur pouvoir ou de leur impuissance : «Je ne voyais pas comment l’écriture allait rencontrer le village. Je ne voyais pas comment mon écriture, mes obsessions allaient rencontrer le village».

Pour tenter de créer ce lien, Laurent Herrou et son compagnon, photographe, réalisent alors des affiches par l’intermédiaire desquelles ils invitent les habitants à venir les rencontrer, chez eux… Ils les placardent à la mairie, à la boulangerie… Mais personne ne vient. Lors de la remise de la dernière d’entre-elles au patron du bar, Laurent Herrou s’entend dire qu’elle est réussie… et sur le ton de la rigolade, «avec un monstre pareil»… Le monstre c’est lui. «En attendant, le monstre était dans son bar. Il y buvait du café tous les jours. Le monstre devait alimenter les conversations, j’étais Elephant Man. Ça ne servait à rien de crier que j’étais un être humain, de toute façon ils ne le voyaient pas. J’étais un écrivain. J’étais un monstre. Ils avaient peur de moi, en fait». Sauf que dans cette incompréhension, cette impossible rencontre, l’Autre n’est pas le seul coupable et l’artiste en fait d’ailleurs l’aveu : il avait aussi peur d’eux…

Je suis un écrivain, que rééditent les éditions Publie.net, est le récit d’une expérience personnelle qui trouve son sens en dehors d’elle-même : dans ce qu’elle dit des autres, dans ce qu’elle dit de nous. L’autofiction se donne alors à lire ici dans ce qu’elle a de meilleur. Le «je» n’est pas une lunette qui mène au nombril mais l’instrument à partir duquel on comprend le monde qui nous entoure et peut-être où l’on se comprend soi-même… Car le miroir de Laurent Herrou est avant tout celui qu’il tend au lecteur afin qu’il puisse interroger sa propre relation aux écrivains et aux artistes en général.


Arnaud Genon
( Mis en ligne le 20/06/2018 )
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