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Quel cirque !
Yannick Le Marec   Constellation du tigre
Arléa - La Rencontre 2021 /  18 € - 117.9 ffr. / 160 pages
ISBN : 978-2-36308-262-6
FORMAT : 12,6 cm × 20,6 cm
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Un fait divers parisien déclenche la curiosité du narrateur. Le 24 novembre 2017, un tigre s’échappe de sa cage. Eric Bormann, propriétaire du cirque et dompteur de l’animal, le poursuit dans la rue et l’abat de trois coups de carabine. Cette mort violente suscite une vague d’émotions exacerbées sur les réseaux sociaux, la panique de savoir ce tigre en liberté puis l’émotion de sa fin tragique et sanglante.

«Très triste pour la perte de cet animal magnifique (…). Et je suis révolté par le niveau de bêtise de celui qui a ouvert cette porte de sécurité». Le narrateur, en relisant ses notes sur Modiano, remarque ces quelques mots écrits sur le moment. Ce souvenir l’entraîne dans une réflexion approfondie sur les relations des hommes avec les fauves et plus généralement les animaux, sous le prisme de l’Histoire et la Littérature, depuis les grandes chasses, véritables institutions dans les empires coloniaux, jusqu'aux épisodes relatés dans les ouvrages animaliers.

Les fauves sont utilisés depuis l’Antiquité romaine et les jeux du cirque. Aux XIXe et XXe siècles, les ménageries foraines permettent de rendre dociles les animaux qui viennent des contrées asiatiques et africaines colonisées par les Européens. Puis avec le tourisme de luxe et le progrès technique, vient la mode des safaris, avec pour point d’orgue la photo du dentiste américain Walter Palmer qui trône au milieu de ses victimes dont Cecil, un vieux lion protégé.

Le narrateur s’appuie sur Le Silence des bêtes d’Élisabeth de Fontenay pour souligner le malaise entre l’animal asservi et l’homme, souligné par la baisse régulière et la disparition du nombre des espèces et des spécimens, dues aux traditions de chasse, braconnage, élevage en cage. L’auteur alterne l’épisode tragique de Mévy, la tigresse parisienne, et l’étude historique qui tend à prouver que l’homme est nuisible à l’animal auquel il ne comprend rien. En écrivant «chasse au tigre» sur un moteur de recherche, il trouve de multiples occurrences correspondant aux tableaux de Delacroix et ses représentations de fauves, après avoir fait des esquisses au Jardin des Plantes et s’être inspiré de tableaux existants, pour une plus grande intensité tragique.

Yannick Le Marec éveille la curiosité du lecteur avec ces histoires. Il retrouve au Museum d’histoire naturelle de Paris un groupe animalier naturalisé, «La tigresse et l’éléphant», peu visible, dans un angle mal éclairé. La tigresse est à l’assaut de l’éléphant au-dessus de sa tête. Ce fauve vivait en 1888 au Népal, tout près de l’Inde soumise aux Anglais, dans la jungle bordée par une rivière. Les illustres chasseurs invités par un Maharadjah qui leur a fourni toute la logistique firent un carnage sur la mère et ses petits. Ces chasseurs sont deux cousins : le Prince Henri d’Orléans, parti voir le monde, et Philippe d’Orléans, petit-fils du dernier roi français Louis-Philippe, en exil. Cette expédition est connue par leurs récits encensant leurs exploits dans un combat sportif, d’après eux. N’appelait-on pas Clemenceau, le Tigre ?...

De nos jours, une prise de conscience se dessine quant au sort des animaux et des grands félins, aux relations homme-animal, maintenant que l’héritage colonial s’estompe. La plume légère et précise de l’auteur donne beaucoup de grâce à ce récit par ailleurs très érudit.


Eliane Mazerm
( Mis en ligne le 31/05/2021 )
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