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Persistance de la vision
Douglas Coupland   Obsolescence des données
Au Diable Vauvert 2018 /  25 € - 163.75 ffr. / 579 pages
ISBN : 979-10-307-0211-8
FORMAT : 13,0 cm × 19,7 cm

Walter Gripp (Traducteur)
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Soyons franc, l’avenir n’est plus ce qu’il était… et pourtant, une partie des merveilles rêvées il y a trente ans se sont réalisées : l’ordinateur pour tous, le téléphone portable, internet, la voiture électrique, etc. Alors pourquoi ce sentiment de malaise, léger, devant les promesses de la technologie ? Pourquoi cette inquiétude sourde face aux discours progressistes et technophiles ? Pourquoi le transhumanisme est-il devenu un épouvantail pour une humanité que la singularité et autres rivalités technologiques interrogent ?

Auteur talentueux, visionnaire dans son approche de l’anticipation sociale (JPod, Generation X, etc.), Douglas Coupland est aussi, avec cet ouvrage labyrinthique, un formidable diariste, qui s’interroge, s’amuse, s’inquiète de la modernité, du progrès et des travers de la société actuelle. Digne héritier de Marshall Mac Luhan et de ses réflexions sur les médias, Coupland accompagne notre modernité sans fascination excessive ni mépris idéologique.

Résumer l’ouvrage est une gageure. Il s’agit de dizaines de petits textes : notices, essais philosophiques courts, nouvelles d’anticipation, scénettes théâtrales, réflexions griffonnées dans un aéroport ou un café, discussions, projets d’applications surréalistes. La variété des idées et du talent de Coupland se dévoilent ici. Le personnage est, il est vrai, peu prévisible : écrivain, romancier, essayiste, plasticien, professeur et surtout grand voyageur, il analyse la société par morceaux, par bribes, et, selon une méthode qui confine à l’esprit d’escalier, tente d’imaginer la suite, le futur.

Alors on cause de collections, de Vietnam, de crise grecque, de boites de thon et d’Andy Warhol, d’applications révolutionnaires et intimistes, de lavabos avec broyeurs, d’art contemporain, de drogues, de voyages dans le temps au nom de la beauté, d’absence de vie, de perte d’histoire, de mémoire, de l’avenir du langage, etc. Les thèmes inspirent quelques lignes ou bien une nouvelle toujours assez bien troussée, et qui sont autant de romans en réduction. Le charme de cet ouvrage, c’est qu’il se dévore ou se laisse picorer : on l’ouvre à une page ou bien on le lit de bout en bout, pour se perdre dans une pensée à la fois riche, iconoclaste, fantaisiste et extrêmement imaginative.

En général, les romans de Coupland partent d’une bonne idée dont ils déclinent les conséquences, avec plus ou moins d’inspiration, et le très bon côtoie le moyen. Ici, les fans de cet auteur canadien peuvent se ruer en fermant les yeux : les idées s’enchaînent à la minute, l’esprit super actif de l’auteur semble constamment en éveil, observant notre société pour en discerner les travers, en disséquer les incongruités, avec humour ou gravité. Douglas Coupland, c’est ce type que vous croisez au hasard d’une soirée et qui d’une réflexion, vous plonge dans un abîme. Ces carnets, à mi-chemin entre le journal intellectuel et les «choses vues» de Hugo, sont un immense plaisir de lecture, pour les fans de l’auteur. Et pour les nouveaux venus dans l’œuvre de Coupland, ce bel ouvrage constitue une bonne introduction avant de découvrir ses bijoux de micro anticipation. Bref, un très bon cru et une nouvelle illustration d’un talent tous azimuts.


Gilles Ferragu
( Mis en ligne le 02/11/2018 )
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