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Le bâtard OU la plage
Fabien Cerutti   Les Secrets du premier coffre
Mnémos 2020 /  23 € - 150.65 ffr. / 343 pages
ISBN : 978-2-35408-784-5
FORMAT : 15,5 cm × 21,6 cm
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Les vacances arrivent, les plages se profilent… il y a des livres qu’on recommande pour la lecture balnéaire mais Les Secrets du premier coffre n’en fait pas partie. En effet, l’ouvrage est déjà un bel objet, qui ne mérite ni le sable, ni l’eau de mer : couverture cartonnée avec un motif doré qui sent son enluminure à l’ancienne, reliure toile et cartes en couleurs à l’arrière. Ne boudons pas le plaisir de posséder un aussi joli volume qui, avant d’être lu, se laisse regarder. Les éditions Mnémos font fort… tout en restant dans la gamme des prix habituels. C’est à souligner.

Et le contenu est à la hauteur du contenant, ce qui s’annonce fort. Pour mémoire, on est dans l’univers du Bâtard de Kosigan, l’excellente série du même auteur, la rencontre réussie entre Game of Thrones et Le Seigneur des anneaux. Depuis maintenant quatre tomes, on y suit les péripéties d’un capitaine de mercenaires, bâtard d’un duché bourguignon, aux prises avec les querelles des grands de son temps (on est en pleine guerre de Cent ans) mais aussi quelques affaires de magie et de sorcellerie, car dans ce moyen âge alternatif, les peuples et créatures magiques disparaissent progressivement sous les coups de l’Inquisition, et chacun cherche son camp. Avec cette série qui joue des codes de la fantasy comme de ceux des romans de cape et d’épée, Fabien Cerutti a construit un univers cohérent, entre grande et petite Histoire, avec un brin de magie. On peut désormais parler d’un livre-univers, tant ce nouvel opus – détaché en partie de l’intrigue du Bâtard de Kosigan – installe les aventures du bâtard dans un monde plus ample.

Ce volume se compose de six nouvelles, plus ou moins longues, ainsi que d’une pièce de théâtre. Présenté ainsi, cela peut paraître incongru, mais outre que cela donne un bel aperçu des talents de l’auteur, cela prend un sens manifeste à la lecture. Les fans du bâtard retrouveront avec bonheur leur héros dans deux textes : Fille de joute, qui raconte un épisode italien de la jeunesse du bâtard (avant même qu’il ne devienne «le bâtard» du reste) et éclaire assez le personnage qu’il est devenu par la suite. Mais c’est surtout Les Jeux de la cour et du hasard – un marivaudage forcément, une intrigue de cour en Angleterre – qui retient l’attention, par son originalité et par son côté primesautier. C’est bien écrit, joliment troussé et l'on y lit toute la jubilation de l’auteur à promener son lecteur dans des contrées nouvelles.

Hormis ces deux textes, on quitte le bâtard pour explorer son monde – avec la très belle nouvelle du Livre des merveilles, petit bijou de poésie autour d’un émule de Marco Polo, Jehan de Mandeville, parti explorer l’Asie, personnage historique détourné de la réalité par un Fabien Cerutti très en verve, et qui rappelle un peu un certain Benvenuto Gesufal. Autre exploration de l’univers du bâtard, la vie d’un jeune moine, Lotario, évoquée dans Ineffabilis amor, et dont les amours vont s’achever dans les croisades noires, que les amateurs de la série connaissent. Un éclairage bienvenu pour comprendre les motivations du pape Innocent III et sa détestation des peuples magiques. Enfin, et parce que ça démangeait quand même un peu depuis la fin (temporaire) du tome 4, on en découvre un peu plus sur Mendorallen Ilbarimen… personnage hautement intéressant et extrêmement mystérieux du tome 4 (no spoiler !), dont on croise ici les origines antiques (atlantes même) ainsi que les aptitudes singulières. Sans excès de révélations (le «noir sang», au cœur du destin du bâtard, reste encore dissimulé à la compréhension des lecteurs), Fabien Cerutti installe ses récits dans une Histoire non plus séculaire, mais millénaire.

Le plaisir de cet ouvrage est justement d’emprunter, pour retrouver le bâtard, des chemins de traverse, des chemins que les amateurs de la série originelle parcourent avec bonheur, mais qui devraient aussi séduire les nouveaux venus. Les clins d’œil et références sont innombrables et le lecteur de fantasy n’est jamais perdu, de Tolkien à Moorcock, en passant par Jaworski, Pevel, Vance, Zelazny et autres grands et moins grands anciens. Jouant à la fois de l’intrigue et du vocabulaire, surfant sur la linguistique et surtout sur l’Histoire avec bonheur, Fabien Cerutti démontre, s’il en était besoin, combien son univers est désormais dense et coloré. Un volume aussi beau qu’indispensable, qui vient s’ajouter au cycle du bâtard pour lui donner cette épaisseur qui fait les grands cycles fantastiques. A suivre, toujours.


Gilles Ferragu
( Mis en ligne le 06/07/2020 )
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