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M. Wells chez les Hommes-Dieux
H-G Wells   Les Chefs-d'oeuvre de H.G. Wells
Omnibus 2007 /  26 € - 170.3 ffr. / 1182 pages
ISBN : 978-2-258-07406-4
FORMAT : 13,5 x 19,5cm

Édition établie par Francis Lacassin.
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Je vais sur la lune dans un boulet de canon lancé par un canon. Ce n’est pas une invention. Lui va dans Mars avec un aéronef qu’il construit dans un métal qui supprime la loi de la gravitation. Ça, c’est très joli, mais montrez-moi ce métal. Qu’il nous le fabrique !» C’est avec une certaine once de scepticisme qu’en 1903 Jules Verne jugeait son contemporain anglais Herbert George Wells. Dans le recueil des chefs d’œuvre de ce dernier proposé par Omnibus, Francis Lacassin met en parallèle ces deux figures considérées, chacune à sa façon, comme les fondateurs de la Science-Fiction. Toutefois, s’il reconnaît surtout à Verne le mérite d’avoir annoncé maints progrès de notre civilisation, il attribue véritablement à Wells la paternité de l’«anticipation».

Wells avait entrevu beaucoup de révolutions techniques qui ne nous étonnent ou ne nous effrayent plus guère : les premiers pas sur une lune dégagée des songeries romantiques ; les ravages de l’arme bactériologique dans La Guerre des Mondes ; jusqu’à la bombe atomique, envisagée dans La Destruction libératrice… en 1914 ! Lacassin souligne très opportunément la provocation inhérente aux romans de Wells. Concevoir par exemple une machine à voyager dans le temps à l’époque d’un scientisme étriqué relevait presque de l’insulte. Mais ce sont plutôt les générations actuelles que ses écrits interpellent car «comment ne se sentirait-on pas impliqué dans le devenir de l’homme prophétisé par le romancier ? Au terme de millions d’années dans le futur, l’explorateur ne trouve que la vision prophétique de la faillite de l’espèce humaine. Des étendues mornes et glacées, vides de toute forme de vie animale ou végétale». On doit également à Wells d’avoir ouvert la lucarne donnant sur la Quatrième Dimension. Nombre de ses nouvelles attestent en effet du fantasme de traverser le miroir. Une incartade aux lois de l’espace-temps qui permet parfois aux protagonistes et au lecteur une bouleversante incursion dans un monde édénique.

Lacassin définit plusieurs postures wellsiennes face à la création. Après celle de «l’escroc de la science», il évoque le «blasphémateur» qu’il fut. La littérature selon Wells, socialiste pragmatique, ne peut se contenter d’être pur divertissement : elle doit immanquablement être portée par une volonté de dénonciation, du moins de critique. En cela, l’auteur renoue avec la veine imaginaire de l’utopie de la Renaissance, mais dans une démarche inverse : dans la plupart de ses récits, c’est l’être merveilleux (l’ange, la sirène,…) qui vient à nous pour constater l’inanité de nos valeurs et de nos croyances.

Un aspect autrement intéressant du personnage est sans doute cette farouche attitude antiscientifique qu’il adopta, et ce dès ses débuts. Un parti pris qui éclatera en 1896 dans ce que Lacassin qualifie du «plus post-moderne de ses romans». On frémira encore en accostant sur L’Île du Docteur Moreau, ce lieu hanté de créatures tératomorphes qui nous confrontent au versant le plus malsain, le plus aberrant, et dès lors le plus fascinant, de la manipulation génétique.

Wells visionnaire ? Et comment ! Il suffit, pour s’en persuader, de consulter la liste de ses intuitions ou de ses prospectives politiques. On prendra donc un immense plaisir à replonger dans cet univers aussi éclairé que pessimiste, au fil des savoureuses traductions originales qu’en donna le Mercure de France au tournant du siècle passé.


Frédéric Saenen
( Mis en ligne le 26/04/2007 )
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