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Chez les parieurs
Christophe Donner   A quoi jouent les hommes
Grasset 2012 /  22 € - 144.1 ffr. / 506 pages
ISBN : 978-2-246-72591-6
FORMAT : 14,0 cm × 20,5 cm
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Auteur prolifique, Christophe Donner connaît bien le monde des chevaux de course, et a été un temps chroniqueur hippique à France Soir. Depuis Un Roi sans lendemain, on sait qu’il est à l’aise dans une utilisation du roman historique, jeu dans lequel l’auteur s’invite en cours de récit, mélangeant allègrement roman et autobiographie. C’est à ce genre qu’appartient A quoi jouent les hommes, chevauchée à travers le XIXe siècle et la tumultueuse histoire, non des courses mais des paris.

En chapitres très brefs - quasiment des chroniques journalistiques -, entrecoupés de retours sur son histoire personnelle et ses relations avec les paris hippiques, Christophe Donner dresse l’évolution des paris : des bookmakers rois des champs de courses au milieu du XIXe siècle à l’instauration lente du pari mutuel, plus juste en somme pour les parieurs, encore que, au bout du compte… gagnant ou perdant, c’est toujours le parieur qui paye à ce jeu inégal. On retrouve le personnage d’un de ses précédents romans (De l’influence de l’argent sur les histoires d’amour, 2005) : le chauffeur de taxi malchanceux et geignard, ici nommé Guillaume Louseur, que l’auteur retrouve régulièrement à l’issue de ses expéditions sur les hippodromes. A sa suite, on revisite la passion qui saisit les Français à partir des années 1830 pour les courses, la construction des hippodromes, le rôle peu reluisant de la presse spécialisée et corrompue, les collusions entre propriétaires et Société d’encouragement. Des silhouettes apparaissent : Lord Seymour, le prince de Joinville, Henri Rochefort le pamphlétaire, joueur malchanceux et journaliste acheté, le prince de Sagan…

Un personnage donne la trame de l’histoire : Joseph Oller, d’origine espagnole, qui eut l’idée géniale du pari mutuel. Personnage romanesque, qui fit une fortune immense, non pas tant sur les hippodromes (car un des aspects du «roman» est le mal qu’il eut à convaincre de son invention le monde des courses et les politiques dont l’autorisation était indispensable), que dans le monde du spectacle. Entrepreneur insatiable à la main heureuse, Joseph Oller offre des salles de spectacles aux Parisiens et aux touristes du Paris fin de siècle et Belle Epoque : le Moulin Rouge où il produit la danseuse Louise Weber - nom de scène La Goulue -, l’Olympia. Il crée des espaces de fête foraine à Paris, des montagnes russes, il suscite de multiples concurrents, des haines tenaces, et l’emporte toujours…

Personnage hors du commun, qui inspira à Jean Renoir en 1954 Henri Danglard, le héros de French Cancan joué par Jean Gabin, Joseph Oller se fait voler (une des interprétations possibles…) son idée de pari mutuel par Alfred Chauvin qu’il avait initié à son pari mutuel, et les deux hommes se vouent alors une guerre sans merci. L’un et l’autre meurent dans l’entre-deux-guerres, Oller en 1922 et Chauvin en 1927. Finalement, en 1930, est fondé le pari mutuel urbain, le PMU, acronyme célèbre, géré par les descendants des deux inventeurs rivaux. PMU, symbole de tant de rêves de fortune surtout lorsqu’en 1954 Carrus, gendre de Chauvin, invente le tiercé auquel l’un des grands-pères de l’auteur jouait avec passion ! Le livre se termine de façon abrupte sur le souvenir de Monsieur X et d’une immense fraude au tiercé (le prix Bride Abattue).

Un texte facile à lire sur un milieu souvent méconnu : le monde des paris et des parieurs. Le mot de la fin est laissé à Guillaume Louseur : «Ils feraient les courses en marche arrière, pour moi, ça ne change pas. J’attire les vautours, il y a des types qui me regardent, ils me surveillent, le moindre truc, ils me piquent mon pognon, je ne sais pas comment ils font… c’est des spécialistes».


Marie-Paule Caire
( Mis en ligne le 17/09/2012 )
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