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Les lettres sataniques de Félicien Rops
Véronique Leblanc   Injures Bohèmes - Les plus belles lettres illustrées de Félicien Rops
Somogy 2001 /  34.96 € - 228.99 ffr. / 166 pages
ISBN : 2-85056-509-1
FORMAT : 26.5 x 22
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Cet ouvrage de 166 pages exauce, en quelque sorte, l’un des souhaits
de l’artiste namurois de voir un jour ses écrits publiés. Rassemblées de
manière didactique, ces lettres présentent un intérêt littéraire et artistique,
illustrant la liberté de style de l’artiste dans ses écrits comme dans ses
dessins. Ces documents précieux offrent la genèse de l’œuvre graphique
de Félicien Rops, fondateur de la Société internationale des
aquafortistes. Pas d’étonnement donc en découvrant des croquis
évocateurs de certaines séries ou illustrations : Les Epaves pour
Baudelaire, Pornokratès ou la Tentation de Saint Antoine .
Une courte introduction donne des éléments de lecture de ces lettres, à
la fois récits visuels et simples ornements. Les lettres se succèdent
ensuite sur du papier couleur crème, en accordant une attention
particulière à la mise en page. Les manuscrits sont placés en regard des
textes retranscrits et certains détails de dessins agrandis mettant en
évidence la virtuosité des croquis, comme ce visage de femmes sur la
page des Ropsodies hongroises. Une brève description de
chaque lettre permet d’en résumer le contenu. À la fin de l’ouvrage, une
biographie détaillée de l’artiste ainsi que des notices concernant les
divers noms cités permettent de comprendre et de suivre les différentes
relations de Rops. L’index des titres d’œuvres facilite la recherche.

Selon les destinataires de sa correspondance, le graphisme change et
les écrits se font plus ou moins crus, « voiler les cheveux blonds du
pénis sacré de la femme de Saint Antoine »
ou encore « c’est une
demoiselle qu’on fait venir de la-bàs pour garder la vertu de deux morveux
de petits français qui s’oubliaient avec leur bonne. »
Les dessins,
graffitis et estampes définissent la composition de chaque page en
occupant soit l’espace central soit les bordures. L’artiste n’hésite pas à
se caricaturer en petit homme osseux et échevelé dans des lettres
adressées à Léon Dommartin ou à Armand Gouzien. Ce type de
traitement s’adresse bien évidemment à des membres du clergé ou
encore à ce professeur de rhétorique de Namur, le Père Bergeron. En
armure de chevalier, sa palette en guise de bouclier, lorsque Rops
aborde les Contes de Gauderies du pays namurois il y met les
formes : lettres gothiques, cire rouge et emploi du vieux français. Comme
un véritable récit imagé, les lettres relatant son séjour sur Paris, illustrent
sa vie de bohème, ruiné et triste « comme le Bélisaire de Mr Ingres
»
n’ayant que trente francs en poche.

Des feuilles très achevées rappellent la virtuosité du peintre et de
l’illustrateur. La lettre à Auguste Poulet-Malassis< livre une première
esquisse de la Pallas présentée en 1875 à la société internationale des
aquafortistes. Son « dessin polisson » de Pornocrates nécessite
selon ses termes d’être « encadré avec volets, si l’on veut, pour ne
pas effaroucher les yeux des enfants, des jeunes filles, des femmes qui
ne sont pas vertueuses... »
. Certaines feuilles reprennent des détails
particulièrement intéressants comme la première lettre du recueil : Le
père Büch, professeur de musique de l’artiste dans sa ville natale. Vues
de paysages et scènes naturalistes affirment son attachement à la mer
du nord. Particulièrement représentative la lettre à l’historien de l’art
Philippe Bury dans laquelle l’artiste écrit au crayon : « j’avais une
plume une belle grosse plume d’oie qui me servait à prendre des
croquis, elle était trop belle, on me l’a volée. (...) Il me reste deux pages
blanches – je vais les remplir avec mes souvenirs de côte tirés de mon
album. »
En guise d’entête, une maison et des bateaux amarrés,
remplaçant la formule de politesse un pêcheur en sabot. Les sujets
sataniques, démoniaques, grivois et anticléricaux trouvent également leur
place : La Marotte macabre et l’écorché en habit d’homme de loi
déterminent la suite des cinq dessins à tendance symboliste des
Sataniques. Un ouvrage bien conçu qui permet une lecture agréable et
amusante. Il est dommage que les dessins rehaussés de couleurs et
les papiers colorés n’aient pas été restitués


Stéphanie Magalhaes  Sélectionné par ArtAujourdhui.com
( Mis en ligne le 28/12/2001 )
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