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Entre pierre noire et sanguine
Pierre ROSENBERG   Du dessin au tableau, Poussin, Watteau, Fragonard, David et Ingres
Flammarion 2001 /  42 € - 275.1 ffr. / 240 pages
ISBN : 20 801 065 62
FORMAT : 28 x 22
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Des textes riches, une mise en page agréable, des illustrations en
nombre, le livre de Pierre Rosenberg, ancien directeur du Louvre, peut
être considéré comme un ouvrage de référence. Si l’ouvrage s'attache
principalement aux cinq artistes suivants : Poussin, Watteau, Fragonard,
David et Ingres, son contenu ne manque pas d’évoquer les différents
problèmes liés à la conservation des feuilles ou encore les difficultés
d'attribution.

La lecture de l'ouvrage est ponctuée d'anecdotes qui éclairent des
notions parfois ardues. Ainsi, on apprend qu'Ingres était de petite taille,
que David souffrait d’une déformation de la joue gauche, que Watteau
appréciait le théâtre contrairement à Poussin qui préférait les lectures
philosophiques. Les comparaisons vont jusqu’à évoquer les deux
mariages par procuration d’Ingres avec madeleine Chapelle puis avec
Delphine Ramel, le divorce politique de David et sous-entendre
l’homosexualité de Watteau. Qui collectionnait les dessins de David ?
Comment les artistes considéraient-ils les travaux graphiques ? Les
réponses se trouvent dans le second chapitre de l’ouvrage, peut-être plus
accessible aux connaisseurs. Si Fragonard n’accordait guère d’attention
à ses dessins, David les conservait avec soin. Pour Ingres, la qualité du
papier revêtait une place majeure tandis que Poussin se contentait de
pages de brouillon ou du verso des lettres. Les illustrations, parfaitement
en accord avec le texte illustrent les arguments de l’auteur.

Les propos d’Antoine-Joseph Dezallier d’Argenville, dans son Abrégé
de la vie des peintres
(1745), les textes du Comte de Caylus, critique
d'art du 18e siècle ou les écrits de Delecluze, élève de David, apportent
des éléments complémentaires sur les techniques utilisées par les
artistes et la caractéristique de leur méthodes. On apprend que David fit
construire une maquette du chœur de Notre-Dame de Paris pour
concevoir Le Sacre et que Poussin utilisait une « boîte » pour
organiser ses compositions. La confrontation entre le Portrait de la
baronne James de Rothschild
d’Ingres et l’étude ayant servi à sa
réalisation fournit des éléments sur les différentes phases de création.
De même, les études de Watteau mises en rapport avec les toiles
achevées, reproduites en noir et blanc pour faciliter la comparaison.

Rosenberg se penche ensuite sur les problèmes d’attribution et l’usage
des dessins. À l’exception d’Ingres qui eut la chance d’exposer ses
dessins au Salon des Arts-Unis de 1861, les autres artistes recourent à
la gravure pour diffuser leur œuvre graphique. Ainsi Vivant Denon grava la
Tête de Le Pelletier de Saint-Fargeau sur son lit de mort d’après
un dessin de David. Comment transformer la pensée en ligne ? Telle est
la réflexion menée par Pierre Rosenberg en conclusion de l’ouvrage. On
apprécie la richesse des textes et des annexes (notes, bibliographies,
expositions et index). Un vademecum tout trouvé pour le Salon du
dessin...


Stéphanie Magalhaes  Sélectionné par ArtAujourdhui.com
( Mis en ligne le 22/03/2002 )
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