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Autopsie du surréalisme
Yvonne Duplessis   Le Surréalisme
Presses universitaires de France - Que sais-je ? 2002 /  6,5 € - 42.58 ffr. / 128 pages
ISBN : 2 13 052423 0
FORMAT : 11,5 x 17,5
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D’où naît le surréalisme ? Du romantisme, explique Yvonne Duplessis.
Rimbaud en est un précurseur parce qu’il s’est insurgé contre la
condition humaine. Freud, également, en s’attachant particulièrement à la
signification des rêves. Il y a aussi le philosophe Bergson, dont l'œuvre
entière : «fait ressortir les limites de l’intelligence, qui ne peut
s’exercer que sur le domaine de la matière alors que l’intuition
permettrait de saisir la source même de l’être»
. André Breton,
principal fondateur du mouvement surréaliste, reconnaît toutes ces
influences. D’autres inspirateurs n’ont pas la même renommée. André
Breton a rencontré Jacques Vaché, par exemple, en 1916 à l’hôpital de
Nantes, alors que ce dernier était soigné pour une blessure. Selon André
Breton, Jacques Vaché fut «maître dans l’art d’attacher très peu
d’importance à toutes choses»
. Ce nihilisme, tant admiré, on le
retrouve dans le mouvement Dada. Dès 1913, Marcel Duchamp expose
aux Etats-Unis ses premiers «ready-made ». «Dada a détruit la notion
traditionnelle de l’homme classique, il devait appartenir aux surréalistes
d’en créer une nouvelle»
résume Yvonne Duplessis. Le Premier
Manifeste du surréalisme est publié en 1924. En 1929, André Breton
bannit certains des fondateurs du mouvement, Artaud, Philippe Soupault
et Robert Desnos. Les représentants purs et durs du mouvement restent
: Louis Aragon, Paul Eluard et Pierre Unik. Bientôt, se joignent à eux Luis
Buñuel, Salvador Dali ou Yves Tanguy, mais aussi René Magritte, Max
Ernst ou Man Ray. À la mort d’André Breton, en 1966, le mouvement s’est
étiolé depuis longtemps. Le surréalisme continue pourtant de susciter le
plus vif intérêt. En témoignent les nombreuses expositions dont il fait
l’objet en Europe, comme aux Etats-Unis.

Après cet aperçu historique, l’auteur aborde les éléments clés du
surréalisme. Des cadavres exquis à l’écriture automatique, en passant
par l’humour et le rêve sans oublier l’aliénation mentale, Yvonne
Duplessis définit ce qu’elle considère comme les techniques
surréalistes. Ainsi, André Breton découvre l’écriture automatique alors
qu’il se trouve dans un état intermédiaire entre le rêve et la veille. Elle
nous rappelle que les «cadavres exquis» sont nés d’un jeu. Chacun écrit,
à tour de rôle sur un morceau de papier, un mot ou trace un trait.
L’exemple célèbre donnera son nom à cet exercice : «Le cadavre –
exquis – boira le vin nouveau»
.

Le surréalisme a touché tous les domaines artistiques : la poésie, la
peinture, le cinéma, le théâtre mais aussi l’architecture. Dans ce dernier
domaine, s’il n’a pas à proprement parler de disciples, il a des maîtres :
le facteur Cheval et son palais-labyrinthe chargé de symboles, Gaudi et la
Sainte Famille qu’André Breton qualifie de «magnifique église tout en
légumes et en crustacés». Enfin, le modern’style représenté par les
entrées du métro parisien est adopté pour sa propension à exprimer
«les sinuosités de la pensée». Dans un dernier chapitre intitulé :
«La synthèse surréaliste», Yvonne Duplessis aborde l’aspect
méta-moral, qui selon elle, est le propre du surréalisme. Une vision qui,
par soif d’absolu, repousse une idée de Dieu trop humaine. L’aspect
psychanalytique intervient également. En effet, les surréalistes
reprennent une idée chère à Freud : la prise de conscience des désirs
refoulés. Enfin, l’aspect social analyse la position des surréalistes par
rapport à la société. Loin de se positionner en élite, dans une
«contemplation, une fuite hors du réel», le mouvement montre que
la pensée est commune à tous. Ces tendances sociales le dirigent vers
une adhésion au marxisme. Les poètes deviennent alors des «guides
de l’humanité, en marche vers un idéal»
.


Laure Desthieux  Sélectionné par ArtAujourdhui.com
( Mis en ligne le 10/05/2002 )
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